TE A 4 D dt Nu La Jeune Filie Pauvre M. Anatole n'est ni laïque, ni euelésiastique ; 1l est sourtant ensoutané. Resté an séminaire d'Orlésns, aux frais d'un digne prêtre, jusqu'à l'âge de vingt- quaire ans, au moment de pro: noncer ses vœux, il a reculé, et, les yeux baissés, la physionomie désolée, il a déclaré à son direc. teur qu'il avait peur, qu'il se sentait défaillir devant la gran- deur du saverdoce, qu'il crai- gnait de manquer de zèle pour sauver les âmes qui lui seraient confiées, qu'il désirait enfin, quelques années encore, s'as- surer de sa vocation. 1l est sorti du séminaire et est entré ohez madame Lobean et Fineste ea qualité de précepteur. Celle. oi a exigé qu'il conservät la sou- taue ; ik a aoquiescé à cette de- mande aveo empressement, et, depais trois ans qu'il vit au château, nul n’a eu un reproche à lai adresser. Fortinstruit, tort intelligent du reste, ilasn vite apprécier son entourage et est devenu presque l’alter ego de la mai- tresse de la maison. Ce n'est pas sans déplaisir qu'il voit ar- river l'iustitutrice et cela n’a pas dépendu de lui si cette question a manqué d’être ajour- née indéfiniment. Mais ma- dame Lobeau s'étant expliquée catégoriquement, il a conveau avec elle que mademoiselle Hermine ne sera bientôt plus uue fillette, et qu’il est plus convenable qu'elle termine son éducation avec une femme plu- tôt qu'avec lui ; non à cause de lui, pour le monde. 11 ne peut pourtant pas sa défendre d'une secrète appréhension en atten- * dant celle, qu’à part lui, il ap. pelle sa rivale. Bille sera bien forte, pense:t il, sielle me supplante auprès de madame. M. Auatole serait-il un en- vieux ? un ambitieux ? Qui sait! 1] en a la tête, la physio- momie, les lignes. Et cepen dant, si gracieux et si pacifique ! l'air s1 maturellemeny désinté- ressé ! On dirait qu’il se modèle sur sa maitresse ; seul son ton persifleur l’en fait différer par- fois. 1lse reprend aussitôt et tâche d'effacer l’impressiou pro- duite. 1ly réussit souvent, il a tant d'esprit M. Anatolo ! La baronne Emeric de Lacaute et madame de Blanchemin en rat- folent. Rassurez-vous ! L’ane e oinquante-cinq ans et l’autre soixante. Ohacane a sa pré. tention, il est vrai. La baronne se croit éternellement jeune et go pare comme une jeune fille : robes claires, étoffes cha- toyantes, chapeaux printannivrs, naivetés de pensionbaire, ja baroune est la plus aimable des créatures, doublée d’un mari grognon, un ex-beau qu'elle laisse au coin du feu, et d'un délicieux havanais qu'elie pa- pillotte, dorlote, bichonne, anru- banne comme le ferait une mère idolâtre pour son enfant de pré. dilection. Elle tient en hante estime sa bonne amie, madame Lobeau de Fineste, mais elle ne comprend pas qu'une femme passe sa vie à s'occuper de rentes, de termages, de chifires, etc. —Qu'importe, dit-elle, un peu plus, un peu moins de revenus ! On se laisse voler sans faire sombiant d'y prendre garde, qu'est-ce que la petite diffé. rence ? Un grain de sable enlevé au désert; cela vaut bien la quiétude dont on jouit. La femme est faite pour plaire, avant tout elle doit se plaire ; tel est son principe in- L'IMPARTIAL JEUDI LE 24 OCT, I90I che minutieuse de sa mise, ron goût prononcé par ce qui est fantaisie, nouvauté, mode agré mentation. —Soyons toujours sous le prisme, si nons voulons régner, minaude elle en préchant d'ex- emple. Aussi, malgré ses onzes lustres bien sonnés, est-elle la lionne de la contrée. Madame de Blanchemin est la femme homme d'affaires. Elle cause politique, écouomie sociale, agriculture, commerce, industrie, médecine ; prononce avant les juges, so met à la dis. position de tous et prétend que ses lumières ne lui ont jamais fait défaut. Sa voix forte sem- ble taite pour oommander ; l'en semble de sa personne a quel- que chose de viril qui étonne d'abord, sa verve est inépuisa- ble. Avecson fonds de sensi- bilité et l'élan de bonté qui la earactérisent, elle doit faire ane excellente amie. Elle se dé- voue, en effat, avec exaltation, mais, voilà le correctif, élle a le défaut des qualités portées à l'extrême. Eile a deux filles, toutes deux mariées, l'une à Tours, l’autre à Angers ; toutes deux grand’- mères, toutes deux, son vivant portrait. Mêmes allures, même ton tranchant, même caractère, même vigueur de eorps et d’es- prit. Ce qui, sans doute, n'a pas permis la vie en commun. De loin, que de caresses échan- gees |! Veuve, madame de Blanche- min vit sur sos terres, et sa meiileure relation est, sans con- tredit, celle des Fineste. Elle parle avec enthonsiasme de la maitresse du logis. L'aimet- elle ? Laquestion est vraiment indiscrète. XXI LE PASSE DEVANT L'AVENIR. Le lende nain de son arrivée, Fernande, reposée et plus cal. mw, regardait, de la croisée de sa chambre, ces lieux où elle al- lait vivre. Le jour commençait à peine à poindre à l'horizon ; l'air pur et vif était chargé d'é- manations embaumées ; au loir, la vue se délassait sur un océan de verdure aux nuances fortes ‘t changeantes que le vent sem- blait caresser à peine : de tons côtés, les dernières fleurs se hâ taient d’éclore, les oiseaux de gazouiller eu frôlant, du bout de l'aile, les feuilles sèches, au parfum indéfinissable, dont j’au- tomne ouate son lit ; on enten- dait les murmures lointains de la Vienne dominant les miile bruits de la nature au réveil. 11 y avait longtemps, des an. nées, que Fernande n'avait con templé un parail spectacle. Chaque son qui traversait les. pate, chaque aspect, chaqne perspective ini rapplait son enfance heureuse et enviée, ses joies effacées, sa gaîté inson- ciaute, son bonheur inconscient, le plus grand, le meilleur, parce qu'il n'est point cherché. Aa: jourd'hui, tout avait disparu ; il ne lui restait que sa jeunesse, mais déjà décoloréesons les coups de l'adve sité. Aujourd'. hui, lus de mère, de père, de famille de serviteurs, de fortu: ne, plus rien, es étrangers, que seralent-ils pour elle ? Bons, peut-être, tout le Ini fai. sait présumer ;et pourtant, elle avait peur. De qui ? Elle l'ignorait. Elle avait assez souffert pour ne pas redouter la souffrance, anssi, ne se rendait- elle pas compte de l'espèce de crainte qui la paralysait. Cette vie qui s'offrait à elle était si nouvelle ! Pourrait elle se plier aux exigences dune position aussi dépendante ? 11 le fal- lait. C'était le pain, le sang, variable. De là le soin qu'elle! l'existence de son père, et, quoi prend de sa personne, la recher-|qu'il en coûtât, elle se devait ( à ce devoir Elle avait dû faire un éner-! que c'était le seul moy 'n de sa- Int, avant d'obtenir son adhé «ion. 1i J'avait donnée, espé |! rant un Chasïgement imprévu | dans leur situution, et, se propo sant bien de fa:re ses efforts, de tenter l'iopossiblie pour pou- voir la rappeler auprès de 1:1.: Malgré les objections générales qui tendaient à lui prouver que Fernande de Vaidepine ne se- rait que pins touchante et plus respectée, la jeune fille dat prendre le nom de Verneuil, d'une seigneurie que pa daient ses pères. En outre, et! pour prévauir les commentaires, «lie ue devait écrire an duc que soas le couvert du docteur. Avec celui-ci, Fernande avait convenu qu'elle enverrait deux mills francs de ses appointe- ments, trouvant les cinq cents francs qui lui restaient suffisants et au-delà pour pouvoir à son entretien. L'excellente mada- me Alfant avsit voulu absolu- ment s'oceuper des bagages de sa jeune amie, qui, à son arrivée à Fiveste, ne fut pas peu sur. prise de trouver sa garde-robe simplement mais confortable ment remontée. Au sonveuir des preuves d'intérêt qu'elie a vait recues, des obligations qu’- elie avait contractées, la jeune fille s’accusa de Jächeté pour a. voir cédé à sa tristesse, et pro- mit bien de se tenir à la hauteur de sa missiou. XXI1 LA PREMIERE ECOLE DE FER NANDE — Déjà sur pied, ma lemois- a Ê t {brnit j'ai craint an malhenr. gique appel à la raison da gen la mère. tilhomme, lui faire comprendre !qui fait des siennes lmoiselle elle !disait une demi heure plus! tard, la mère d'Hermine, de sa | coix lu plus douce, du parterre | où elle jardinait | —Je pourrais faire la même! extiamation, madame, répondit | Fernande. Je suis une campagnarde, mni à raes Mais Fous... — Moi, madame, il y avait la de quo? m'attirer, fitelle en | parcourant de l'œil le jardin qui se dessinait à ses pieds. jours, pourtant. — Etes-vous reposée, et vous aurons nous à déjeuner Ce ma tin ? —O ni, Hier madame. soir, Jai dû me faire excuser. Je n'en pouvais plus. Nivous le permettez, j'entrerai en fonctions daus la journée; j'ai hâte de faire plus ample eonnaissance ma jeun: éiève. Vous é‘es libre, mademoiselle Il sera bon pourtant de vous entendre açec monsieur Anatole. C'est luiqui jusqr'ici a idirgé ma fille et... —Je snivrei ses conseils, ma. dame. Voilà quiest parfait. Je vais vous curoyer Hermine : elle vous conduira à la salle d'étude. Madame Lobean de entra dans la maison. Peu près, Fernande entendit une tempête de Cris et de larmes dans une pièce voisine. Revcou uaissant Ja voix d’un enfaut. elle quitta sa chambre craignant an accident. Fineste a C était mademoi selle Hermine, poursuivant sa criant, à tue tête, qu'il n'était | pas l'heure de l'étade, qu'elle | loi, elle se tait la maitresse puisqu'elle Îla| payait, et conséqueument, agi | avancer. Êlle était jà, pétrifiée | par cette c2lère, lorsque madame | Lobeau parat à l'extrémité du! couloir. | Qu'est-ce ? demanda-t-elle | —J: comprends, interrumpit C'esfcette petite file Elle est si vive! si rerveuse ? Cela la met daus d's états. —8i l'on essavait — Elle n'entendra rien en ce Elle veut ce qu'elle veut ; c'est la, rendr: malade, et je serai forcée de gronder sa bonne qui n'a pas su lui expliquer ce que j'avais demand. Fernande était stupéfaite «une tells condescendance et d'un semblable avenglemsnt. — Venez, poursuivit madatue Lobeau, nous calmerons cette pauvre enfant. Elles entrèrent chez made- Hermine. Celle-ci, à demi-nue, les cheveax en dé- sordre, l'œil menaçant, la figure empourprée et ruisselante de larmes, lançait, en ce moment, uu soufl:t à ia malheureuse ervaute. À ia vuc de sa mère, ses cris redoublèrent ; elle se tut en a- percevant Fernaude et courut se refugier dans les bras de ma- dame Lebean, Elle murmurait en sang otlant : —Js ne veux pas étudier, ce n‘est pas l'heure et js n‘étudie- rai pas. —Tn as raisou fillette, ne pleure plus, celate fait mal ; tu étudieras quand tu voudras. —Je savais bien que Nicette mentailt. Tn la gronderas, ou e la mets à la porte. mointaot. la contrarier, \ [à continuer) FEAR PS AAFIEN WOMEN WILL TALK. Car’t Blame them for Tels ling each other about MHI- burn’s Heart and Nerve Pills. STILL TO THE FRUNI Woare stillto tho froat this spring with o1> of th» ni 1,3 assorted stock of general merchandise to be found in any otty or country store in this province. 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Last year we handled 55,000 dozens, and this year we waut to 1: 1u- crease this amount considerably. We want wool, hides and pelits, also pork, beef, cattle and sheep, oats, wheat, and other grains, potatoes etc. A full stock of Carter’s Tested Seeds on hand. We handle lumber of all kKinds. Give us a trial. \ It's only naturel th£t when a woman finés a remedy which cures her of nervousrese and weakness, relieves her ! aches, puts colorinher check andvitality in her whole system, she should ! to let her suffering sisters know ofit. Mrs. Hannah Holmes, St. james Street, St. John, N.B., relates her experience with this remedy as follows :—"* For some years ÏJ have been troubled with fiuttering of the heart and dizzinass, accompanicd by a smothering feeling which prevented me from resting. My appetite was poor and I was much run down and debilitated. ‘Since I started using Milburn's Heart and Nerve Pills, the smothering feeling has gone, my heart beat is now regular, the fluttering has disappeared, and I have been wonderfuliy buiit up through the tonic effect of the pilis. 1 now feel stronger and better than for many years, and cannot say too much in praise of the remedy which restored my long lost health.” nine an pains ans 2 ArxXIOLS DE EE EE FPE Un Docteur 4 là Maison! STANTONS | AIN RELIEF] Vous prouvera qu'il est un médecin de À #4 famille loyal et honnête. La maladiear- à rive à l'heure où l’on s'y attend le moins ; ER BH en cas d'urgence, servez-vous du ‘Stanton’ À #4 et vous obtiendrez un soulagement im- & M médiat. (Interne et Externe). 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