PR | es : tend : ë smmenié MIRE D LS PT da 0° or VAN MAUR RÉ _ F F 7 il de * sk 1 nt DL AO LT + s RARE te de PRE Ce # { pra Ses nn a PE PAPE ESS NT Ro RUEE me marre, Ne ado db D ile aie qui ah Caisse Write éioties sde ddl a ES" — nnrprsirdiiil éstie DEEE SON 2e AMEN 06, ASE a Pr Range aa. mare men RES UT PE TT En NE ET RO SR D Re genre tes pme rs DEEE ne SP } HISTOIRE Î JEAN DE CALAIS —00000XXX00000—— CHAPITRE 1. SES TALENTS Au nord des Gaules, sur les bords de la mer est une ville ap- pelée Calais. Un des riches négocians de cette ville avait un fils unique à qui il avait donné toute l'éducation nécessaire pour lui former l'esprit et le corps ; la nature l'avait doué des charmes de l’un et des grâces de l’autre ; aussi ses maîtres le virent bientôt dépasser leurs espérances. 11 s’attacha sur toutes choses à l’art de naviguer, et lorsqu'il eut joint la pratique à la théorie, il fit le plus brave et le plus excellent homme de mer de son temps. Son courage ne jui permit pas de languir dane une molle eisiveté ; il engagea son père à lui equiper un vaisseau assez fort pour nettoyer la côte d’un nombre infini de corsaires, que le grand commerce des habitants de Calais y avait attirés, ot qai faisaient mille brigandages dans ces mers. Son père loua son audace, et lui fournit abondamment tout ce qu'il lui fallait pour l'exécution d’un si beau projet. Tout étant prêt, il mit à ja voile, et sa valeur, soutenue par sa prudence, le servit si bieu, qu'ayant battu ces veleurs de mer en plusieurs Gage il les détruisit si parfaitement qu'il n'en paraissait plus. Ces actes?de courage portièrent les habitants de la viile de Ca- iais à un degré de reconnaissance, qu’ils lui préparèrent des ar- ches de triomphe, en joignant à son nom celui de la ville, comme lui étant redevable de son repos et de sûreté de son commerce. CHAPITRE 11. IL EST BATTU PAR UNE TEMPETE Ce jeune héros était prêt par son retour à jouir des bonheurs qui l’attendaient, lorsque son vaisseau fut battu par une si cruelle tempête, qu'il fut porté dans des mers inconnues. calme ayant succédé à l'orage, et Jean de Calais ayant mis en usage tout ce que i’art et l'expérience lui avaient appris pour trouver la terre, il découvrit une ile, et s'en approcha ; et ayant mis la chaloupe en mer, il aborda au berd d’un bois, dans lequel il entra suivi de ses huit soldats. Sa surprise fut extrême de le trouver taillé et coupé par de grandes et belles allées ; cela lui parut suprenant dans un pays qu’il avait cru inhabité ou barbare. Mais son étonnement s’aug- menta, lorsque s'étant avancé ii: entendid parler flamand, langue qui lui était familière. 11 conduisit ses pas vers les voix qu'il ve- nait d'entendre, et vit trois hommes superbement vêtus qui s’ap- prochèrent de lui avec politesse. Jean de Calais les pria de lui apprendre dans quel pays il était, et s’il y avait sûreté pour lui et sa troupe. Qui que vous soyez, lui répondit un d’eux, je trouve surprenant que vous ignorlez que vous êtes dans l’'Orimanie, état florissant où règne le Roi du monde le plus juste, de qui la sagesse a dicté des lois auxquelles il s’est soumis lui-même, et dont l'observation religieuse fait le bonheur de cet empire. Ne regrettez pas d'y être abordé, vous y serez en assurance. Moniez sur cette hauteur, ajouta-t-il, qui vous cache la grande et superbe ville de Palmanie, qui sert de capitale à ces riches états. Vous y verrez cette rivière majestueuse qui forme le plus beau port de l’univers, et dont l’abord est la sûreté de toutes les nations. Jean de Calais le rewercia, et charmé des grâces que lui fai- sait la fortune il s’avança sur le sommet qui lui cachait la ville ; il découvrit le plus beau pays du monde et descendit dans cette capitale, le coeur rempli de joie. Mais étant arrivé dans une grande place, il vit le corps d'un homine déchiré par les chiens cet objet lui fit horreur ; il se repentit de s'être engagé si avant. Il demanda cependant, pourquoi dans une si grande ville, et dont les lois paraissaient si sages, il ne se trouvait personne d'assez charitable pour faire donner la sépulture à ce malheureux. On lui répondit qu'il subissait la peine de la loi, qui ordonnait que tous ceux qui mouraient sans payer leurs dettes étaient jetés aux chiens pour en être la proie ; et que leurs âmes étaient er- rantes et ne pouvaient entrer dans le lieu de repos destiné aux justes ; qu’on faisait cette punition publiquement, parce qu’il se trouvait souvent des personnes assez généreuses pour payer les dettes de ces malheureux, et faire donner la sépulture à leurs COTps. il n’en fallut pas davantage à l’âme magnanime de Jean de Calais. Excité par sa compassion, il fit publier sur le champ, au son de la trompette, par toute la ville, que les créanciers de cet homme n'avaient qu’à lui faire voir leurs titres, qu'il les payerait; et le lendemain ayant fait entrer son vaisseau dans le port, il prit l'argent nécessaire pour satisfaire à sa parole ; et fit d’honorables funérailles au cadavre du défunt. Après avoir reçu les louanges dues à une si belle action, il ne songea plus qu’à prendre connaissanec du trajet qui conduisait à Calais pour en pouvoir donner connaissance à sa patrie, et lui ouvrir un chemin qui facilitât un négoce utile aux deux nations. CHAPITRE 111. SA COMPASION ET SA GENEROSITE Un soir qu'il se retirait d'assez bonne heure sur son bord il a-|Jean de Calais par l’espoir d'acquérir une nouvelle gloire, il ne perçut un vaisseau qui venait de mouiller auprès du sien, sur le pont duquel il vit deux dames fondant en pleurs. Elles étaient [amère d’être obligé de se séparer d'une épouse et d'un fils qu'il maguifiquement parées ; et leur air fit juger à Jean de Calais /aimait si tendrement. qu'elles étaient d’une naissance distinguée. 11 s’informa à qui ap partenait ce vaisseau ; il apprit qu’il était à un corsaire qui ve- nait d'entrer dans le port, que les deux personnes qu'il voyait é- taieut deux esclaves qu'il vendrait le lendemain. Le coeur sensible de Jean de Calais fut touché de leur mal- heur, et 11 forma le dessein de les retirer de l’abîime dans lequel elles allaient tomber. Pour cet effet il demanda le cersaire, il lui Cape ce qu'il demandait, et fit venir les deux esclaves sur son ord. Mais quelle fut sa surprise, lorsqu'elles eurent ôté leurs voiles de voir deux jeuries beautés, capable d'attendrir l’âme la plus barbare ! les pleurs qu'elles répandaient ne faisaient qu'augmen- ter leurs charmes, et semblaient leur servir d'armes pour vaincre tous les coeurs Une @es deux suriont frappa celui de Jean de Calais, d’un trait dont il ne put se défendre ; et sur le champ il l’aima. Après avoir donné quelque temps à l'admiration que lui inspi: rait son amour naissant, il les consola et leur dit qu’elles étaient libres, et qu’un secret inviolable suivrait l’action qu'il venait de faire, et qu’en les retirant des mains du pirate, il n'avait pas d'autre dessein que de les rendre à leurs parents sans rançon. Ces paroles généreuses rassurèrent les belles captives, et les termes les plus obligeans lui marquèrent leur reconnaissance. Quelque temps après, il mit à la voile ; sa navigation fut si heu- reuse, qu'il se trouva bientôt sur les côtes d’Albion, où le mau- vais temps l’obligea de resâcher. Pendant le voyage il ne passait pas un moment sans être auprès de ses esclaves, et comme il était jeune, insinuant et fait pour plaire, il trouva bientôt le chemin du coeur de celle qui l'avait charmé. Le même trait les blessa si pro-f ndément, qu'ils ne purent se le cacher longtemps ; ils s’aimérent, ils se le dirent, et ne consultant que la vivacité de leurs sentiments, ils se jurèrent un amour éternel. L'IMPARTIAI, JEUDI LE 13 J ANVIER, 1898. CHAPITRE 1. SA GRANDEUR D’AME Lorsque Jean de Calais fut assuré de son bonhear, il pria cette jeune beauté de lui déclarer qui elle était, et par quel accident elle et sa compagne avaient été enlevées par le pirate. Ne croyez pas, madame, ajouta-t-il, que ma curiosité ait nul motif désobli- geant ; qui que vous soyez, il n’est rien que ie ne trouve au-des- sous de vous, et pour vous prouver ce que je dis, j> vous donne ma foi dès ce moment, sans en sayeir davantage, si vous voulez bien m’accepter pour époux. Je reçois avec plaisir, lui répondit la belle esclave, la foi que vous m'offrez, je vous domne la mienne, et fais tout mon bonheur d'être unie à vous pour jamais. Mais pour ma naissance, souffrez que je vous en fasse un mystère que je trouve nécessaire au re- pos de ma vie. Qu'il vous suflise de savoir que le Ciel ne ma pas fait naître indigne de vous, et d'apprendre que je me nomme Constance, et ma compagne Isabelle. Je n’ai point souvçonné votre curiosité d’avoir rien d'offensant pour moi ; ne vous offen- sez pas non plus du silence que je m'impose ; notre amour l'ex- ige de moi. Je dois me taire pour être à vous : et Je veux éloigner de mon esprit tout ce qui pourrait m'empêcher de suivre un pen- chant plus fort que ma raiscn. Jean de Ca:ais était trop amou- reux pour presser la belle Constance après un tel aveu ; il promit de ne lui en plus parler, et sans consulter davantage, ils s’uni- rent pour jamais. CPAPITRE V. ISABELLE MONTRE SA SURPRISE A CONSTANCE Jependant Isabelle qui avait été témoin de leur amour et de leur union, prenant le moment que Jean de Calais était occupé à donner des ordres dans son vaisseau, ne put s'empêcher de mar- quer sa surprise à Constance, sur l’action qu'elle venait de faire. Quoi ! madame, lui dit-elle, est-il possible que l'amour vous a- veugle assez pour oublier qui vous êtes ! Croyez-vous pouvoir vous cacher toujours, et que les noeuds que vous venez de for- mer ne soient point rompus lorsqu'on saura où vous êtes. Je ne parle point pour moi : dans quelque obscurité que vous me met-| tiez, attachée à votre sort sans nulle réserve, je ne m'en séparerai jamais ; votre seule gloire m'intéresse et je ne puis voir sans dou- leur que vous abandonniez l'espoir le plus brillant pour écouter votre tendresse. Je ne m'offense point, ma chère 1sabelle, lui répondit Cons- tance, du discours que tu me tiens Je me suis dit mille {ois les mêmes choses ; mais l’amour est ie plus fort. Le sort brillant dont tu me parles n’a rieu que d’affreux pour moi, ne pouvaut le parta- ger avec ce que j aime, et Je trouve l’obsc-rité qui te gène au-des- sus du destin le plus éclatant, puisqu'il me donne la liberté de suivre mon penchant. Mes noesds dureront toujours en gardant mon secret, et Je ne le découvrirai jamais, ou du moins ce ne sera que lorsque je verrai qu'on ne pourra le rompre qu'en faisant ré- jaillir sur moi une honte mille fois plus grande que celle de mon hymen avec le plus aimable homme dan monde, puisqu'il n'aime assez pour ne me point quitter, et pousse encore cette tendresse à chérir ma tranquillité, et à ne jamais découvrir un secret d’où elle dépend. C'est ainsi qu'elle imposa silence à sa compagne, qui ne voyant point de remède à ce qu’elle appelait un malheur, se résolut d’o- béir. L'heureux Jean de Calais, charmé de posséder Constance, en rendit grâce au Ciel, et comblé des faveurs de la fortune et de l'amour, il se rembarqua et le temps, favorable à ses vœux, le fit aborder sans péril au port de Calais. Le bruit de son retour fut bientôt répandu ; son père et tous les habitants de la ville furent le recevoir, et lui rendirent les honneurs que méritaicnt ses ac- tions héroiïques. CHAPITRE VI SON PERE DESAPPROUVE SON MARIAGE Mais quelle fut la douleur de ce jeune héros, de voir son père désapprouver son mariage avec sa chère Constance ! L'histoire qu'il fit comme il l'avait trouvée irrita son courroux, et quelque vive que fût la peiuture que Jean de Calais lui fit de son amour rour elle et de ses vertus, ce père sévère ne ni put pardonner l'avoir pris un engagement qui paraissait fort au-dessous de lai ; il n’épargna rien pour l’oblige à l'abandonner : mais Jean Jui protesta qu’on lui arracherait plutôt la vie, qu'il avait donné sa foi à la personne du monde qui en était la plus digne, et qu'il la lui garderait jusqu’au tombeau. Le vieillard plus irrité que ja- mais par cette résistance, le bannit de sa maison malgré les solli- citations des p'‘incipaux de la ville qui s'intéressaient pour lui, et lui ordonna de ne plus paraître à ses yeux. Jean de Calais sensiblement touché de l’outrage que son père faisait à sa chère Constance, se retira dans une maison qui était près du port, avec elle et sa fidèle compagno. Ces altercations, en- tre le père et le fils, ne purant lui être cachées ; et elle fut sen- sible au mépris que le père Ge son époux parut avoir pour elle. Cependant eile ne se démenti pas ; toujours tendre, toujours f- dèle, elle consela son cher époux ; et l’année de son mariage à peine finie, elle accoucha d’un fils qai fit toute l'attention de ce cher époux. Plusieurs années se passèrent sans qu'il put atten- drir son père ; mais enfin étant pressé par des amis communs, ce- lui-ci concentit à fournir à Jean de Caiais de quoi équiper un se- cond vaisseau, pour porter et établir un négoce éclatant avec les nations qu'il avait découvertes, espérant que l’abscence et les ha- sards lui feraient oublier et Constance et son fiis. L'armement fut bientôt prêt, et quoiqu'il flattât les désirs de put voir arriver le jour de son départ sans ressentir une douleur Constance de son côté n'était pas plus tranquille ; les périls où s’allait exposer Jean de Calais, et la crainte qu'un fatal oubli ne la chassât de son coeur, troublèrent aussi son repos. El'e répandait ses pleurs dans le sein de sa chère Isabelle qui les partageait avec un zèle digne de l’une et de l’autre mais en- fin l’amour offrit à Constance un moyen de retenir son époux dans ses chaînes, et d’obliger son père à rougir de cruel traite- ment qu'il lui avait fait. CHAPITRE VII DEPART DE JEAN DE CALAIS Elle cacha son dessein à sa fidèle 1sabelle, craignant qu’elle ne l'en détournât. Mais lorsqu'elle vit qu'il n'y avait plus que peu de temps à s'éceuler jusqu’au départ de son époux, elie se jeta à ses genoux en pleurant, en le priant de ne pas lui refuser deux grâces qu’elle avait à lui demander. Ce tendre époux la releva, et l'embrassant avec les marques de l'amour le plus vif, lui jura qu'il était prêt à tout lui accorder. Je vous eonjure donc, lui ré- pondit-elle, de me faire peindre sur la poupe de votre vaissean a- vec mon fils et ma chère 1sabeile ; lorsque cela sera exécuté, et que vous serez au jour de votre embarquement, je vous dirai la ns ALBERTON HEADQUARTERS Great December Sale We mean business in this great End-of-the-year Sale. 4 grand stock of goods—the largest and best assorted in this par of the 1sland—is to be reduced to a fraction ofits present volume. 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