F d Le + | . | b vr CRE Le 1: por ad Nr RE pt HISTOIRE DUN L'IMPARTIAL PAR L'ABBE DE SAVIGNY ne Une nombreuse réunion à coutume de se grouper chaque jour autour des tables de la ta- verne anglaise d'Arrowsmith, située à Paris, rue Neuve Saint Marc. Parmi ces habitués, beau- coup d'artistes français, cou vertis à la cuisine britannique font honneur au rosbif, que, par un échange de procédés, les naturels de la Grande- Bretagne arrosent de nom- breuses libations de vins de France. Plus d’une fois, la conversa- tion avait roulé sur les intaris- sables questions de nvalités internationales ; plus d’une fois les naturels des bords de Ja Seine avaient lâché cette épi- thète sacrementale : la perfide Albion...…et plus qu’une fois John Bull, appelant flagma- tiquement à son aide l'épi- gramme, avait riposté par uuel de ces croquades si populaires onu Angleterre, qui personni- fient le peuple français dans un perruquier gascon, orné de fausses moustaches et vêtu de faux-cols, de jabots et de man- chettes en papier ; ou bien en core, le travestissement en cro- quemitaine en mangeur de peu p'es, ayant une indigestion des pays qu'il a conquis et qu'ils est obiigé de…restituér. Plus d'une rixe sérieuse 2- vait eu lieu : la boxe et le duel | avaient plus d'une fois servi d'intermède au raout. Dans le but d'une pacifiacation dura- ble, on venait enfin de mettre à l'index les questions bru- lantes d'amour-propre national, et on était tombé d'accord una- nimement, d'alimenter à l'a- venir la conversation de tout autre propos, sous peine d’un grog général au genièvre, payé | par le délinquant. 1larriva qu'à un mois de Septembre, la table de la taver- ne fut tout à coup envahie par une bande d'amateurs de chas- se : c'était précisément à l'épo- que où le préfet de police de la capitale autorise le meutre du lapin et de la perdrix qui ont lsur domicile dans les limites de sa jaridiction. On avait apprécié l'art avec iequel l'hôtelier anglais savait cuire à point le train de der- rière d’un lièvre, et, chaques jour, les Robins-des-bois de la banlieue fournissaient des vic- times à sa broche. Bientôt les chasseure, gens à la langue aussi agi.e qu'un pied léger, se m.ruf à raconter à ” mieux mieux les exploits de leur vie incidentée. Dieu sait ce que leur imagination enfanta de faits surhumains ! D'abord on commença psr le récit de la chasse au gibier du terroir natal... puis on s'éleva jusqu’à la chasse pyrénéenne ou alpite ; on poursuivit, sans ‘Juitter la table, le chamois et l'izard à travers les précipices on Îles attrappa à la course. Un convive avait tué assez d'ours pour coiffer une compagnie de garde nationale. Un autre ra- confta comment, avec un fusil Lefaucheux, il avait contraint une lice et ses quatre mar. cassins à danser devant lui, et en mesure, un galop Mu:- sard. De tous les chausseurs, un seul était silencieux ; il se ommait M. Robert. C'était un vieillard presque sexagénaire, dont le regard était narquois et l'expression de figure insovci- ante 11 passait Pour avoir eue une exis.ence avantureuse, mais rarement il abordait Je chapitre de ses souvenirs. —Et à vous, monsieur Ro-! bert, n’est-il pas arrivé quelque événement extraordisaire dans vait été plus animée que de coutume. —Oh !...… is fit le vieil- lard sans paraitre avoir mé- moire d'aucun fait curienx...……… Puis. comme si le souvenir lui revenait, sa tête se releva..…… son regard brilla d’une flamme subite... une expression de terreur, qui fit croire un mo- ment à un malaise qu’il éprou- vait, se maaifesta sur sa figure, —ce n’est rien, messieurs, dit-il aux personnes qui se dispo- saient à le secourir, ce n'est rien...…C’est un souvenir... qui date de plus de trente an- uées ; de mes veines, il passera tout à l’heure dans les vôtres. La pensée seule des évène- ments que je vais raconter, fait 1resser douloureusement le peu de cheveux qui me sont restés sur la tête. Un des acteurs de l'aventure que je vais vous dire et dans iaquelle j'ai joué un rôie prin- cipal, aopartenait à la nation anglaise ; ainsi, messieurs, cha- cun ici aura le droit de frémir exclusirement pour son compa- triote. Je commence. Vers l'an de grâce 1814, je fis connaissance du capitaine Mac-Clenchem, de l'armée du Bengale. Un long séjour dans quelques parties peu salubres de l’Inde avait détruit la santé | de cet officier, et il avait obte- uu de résider quelque temps au Cap, dont le climat devait lui être favorable, Ce fut là que commença avec le capi- taine Mac-Clenchem une liai- son qui plus tard devint une amitié dévouée. Quand je temps du congé du capitaine fut expiré et que sa convales- cence lui permit de retourner à ses drapeaux, il m’arracha une demi-promesse de l’aecomps- gner à Calcutta, la cité des pa- lais, comme la nomment ses ha- bitants, et de là à Pollynaga- bad, où un de mes parents se livrait à la culture de l’indigce Avant de pousser plus avant, messieurs, dit M. Robert, il est conveuable que je vous donne quelques détails plus précis sur non ami le capitaine Mac- Clencham, car ce n'était pas un homine ordinaire, quoique à l’époque dont je vous parle il ne fut plus que l'ombre de li même, il avait les symptomes de la décadence physique de l’athlète, avec le teint basane de l’indien et son laisser-aller d-ns la démarche ; ce corps, qui ne brillait plus comme il avait brillé quelques années auparavant, par la grâce et les signes de la force, était comme ces édifices bien construits dont le temps peut emporter quelques ornements, mais dont il est encore obligé de respec- ter la masse. Le capitaine Mac- Clenchem, tel pris, était encore un homme d’une agilité et d'’- une force peu communes. Sa renommée était grande à la guerre ct à la chasse. Qaoi- que la modestie l'empêchät de révéler ses exploits j'en sais quelques-uns que je mettrais au défi les plus braves et les plus entreprenants de tenter. Par exemple un de ses passe- temps ordinaires était de sui- vre la trace des éléphants sau- vages. 11 les excitait, et, au pa- roxysme de leur furie, il se présentait à eux et leur arra- chait avec sang-froid des poils de la queue. le narrateur, ne peut être mis ‘en doute par quiconque a con- nu le courage méthodique de |mon ami, et s’ilest besoin de vous donner un autre exemple, pe: son flegue, je vous dirai qu'à la fameuse défense de la TIGRE Ce fait, Messieurs, continre on vit le capitaine-se tenir sur) l'affût d’une pièce de vingt-qua- tre hors de service et donner des ordres à des canonniers, en leur désignant avec l'index les positions sur lesquelles il fal- lait faire feu. A peine avait-il fait le geste, un boulet siffle et emporte le doigt étendu. Le ca- pitaine Mac-Clenchem, sans paraître ému, voulant conti- nuer la démonstration aux sol- dats, lève le doigt majeut et le place dans la direction du feu. Une baile frappe et emporte ce second doigt. “Je leur en don- nerais bien un troisième, dit le capitaine en riant, mais ils l'emporteraient encore et ça me génerait pour prendre du tabac.” Et il descend en riant. Voilà l’homme, Messieurs, que je devais vous faire con naître avant de pousser plus a- vant dans les détails de mon histoire. Maintenant nous allons mar- cher à grands pas dans les évè- nements. Après une traversée assez an- nuyeuse, nous parvinmes à l'embouchure de Ja rivière Houghly, et, soit par l’absence de marée on pour tout autre chose qui manquait, nous fù- mes obligés de mouiller. C’est une douce et bonne chose que le mouillage pour un être ma uature, qui n’a pas un goût na- tif pour le séjour du vaisseau. La seule pensée de fonier la terre donne une joie indicible, le sol le plus aride devient un paradis, le roc le plus dur à sous les pieds l'élasticité du velours. Avec quel empresse- ment je demandai donc à mon ami de m'accompagner à terre! avec quelle joie j'entendis son adhésion à mon offre ! La côte n'avait rien de pittoresque et d'engageant : c'était une im- mense pleine stérile et sablon- |neuse ; mais mon imagination la couvrait d'arbres ombragés, la tapissait de gazons verts comme l’éméraude, la peuplait d'oiseaux au riche plumags et aux chants joyeux. Le grand canot fut mis à la mer pour aller faire de l’eau . le capitaine Mac-Clencham et moi, après nous étre muais de provisions copieuses, nous es- cortâmes jusqu’au rivage les! futailes vides qu’on envoyait se remplir. 1l arriva qu'une| d'elles se défonça et fut aban- dounée à terre par les mate- lots. Moi, je donnais à mes jambes toute la latitude d’exercices qu'elles voulurent bien pren- dre, et quand la lassitude com- mença à se faire sentir et que l'appétit sonna l'heure du re- pas, mon ami Île capitaine et moi cherchâmes un site conve- nable à notre collation, mais pas un arbre ne nous offrait son ombrage. Le capitaine avisa le futaille vide... nous la roulâämes à l'endroit qui nous parut le plus propice, elle nous servit à la fois d’abri et de vivan, et pro- tégés par son nombre, nous procédämes aux appréts du festin” Déjà la volaille fioïde avait reçue un grand échec, le jam- bon volait par tranche sous la lame du couteau, nous arro- sions le tout d'un vin exquis, dont les douces vapeurs rame- naient à notre esprit le souve- nir du pays, la mémoire des affections loiniaines..…… Nous avions chacun porté des toasts aux amis à la famille... (à continuer) MUNIC THE-SEAUGHTER SALES Re CRE — RE I have been waiting for developments for the true inwardness of these sale. 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