did. L sélet Ù Fe &dittin L'IMPARTIAL JEUDI LE 28 AOUT, 1902 Discours prononce a la Convention de Waltham ; Par M. l’Abbe Philippe L. Belliveau, de Grande Digue, N. B. Puisque la tâche m'est échue de répondre à cette santé, je dois com- mencer par vous remercier très sin- cèrement, au nom de mes confrè- res, de cette marque de délicatesse à notre égard, et de J’enthousiasme avec lequel elle est saluée par les’ membres de cette convention. Il est de mon devoir, en second lieu, de vous faire part du message qui vous est envoyé de la vieille A- cadie, et dont je suis en ce moment le dépositatre, par le clergé aca- dien, dont je suis, en cette circons- tance, l’indigne représentant. Ce message, messieurs, est un message d'amour, d'intérêt sincère, et d’es- pérance. S'il ya, sous le soleil, un corps d'hommes qui vous aime véritablement, quivous tient pré- même chose—le En La Oo O0 O O0 LE CLERGÉ ACÇADIEN Gr prêtre de sa nationalité et n'en veut | Ipoint d'autre—l’Allemænd fait la Canadien-Fran- | Sais, l'Italien, le Polonais font de même—c'est bien et c’est dans l’or- dre. Le salut des âmes y gagne— et pour celui qui a la foi cela doit suffire. Vous ferez de même, plus tard, compatriotes —et ce sera aussi dans l’ordre. (Car, pour traduire en français un axiome anglais, je vous avouerai que pour moi il n’y a pas de règle épicurienne ou géo- métrique qui puisse me faire croire que Ia même sauce n’est pas propre à assaisonner la même viande, alors même qu'elle changerait de genre, Je vous apporte aussi, chers com- patriotes, de la part du clergé aca- dien, un message d'encouragement sents à son esprit tous les jours de |et d'espérance. Dans la vieille A- “l'étiquette” —et que nous devrions attendre à la prochaine génération. Digression faite, je reviens en- core une fois à mon sujet. Ce message d'encouragement et d’es- pérance, dont je vous parlais tout à l'heure, s'adresse tout particulière- ment à vous, compatriotes de cette République américaine. Je ne vous cacherai pas, messieurs, que dans les premiers temps de l’émi- gration surtout, votre départ du pays a fait couler bien des larmes à vos parents et amis de là-bas, et a causé au clergé acadien, sur votre sort, bien des inquiétudes. Nous qui avions étudié l'histoire—et qui avions sttivi les péripéties de l’épo- pée sanglante de la première dis- persion—et, ensuite, les difficultés inénarrables du retour,—nous nous _fd4. sa vie, qui se souvieut de vous, quotidiennement, au Memento de la Sainte Messe, quise réjouit de vos succès et s’afflige de vos mal: : heurs : ce corps, Messieurs, je n’ai pas besoin de vous le dire—c’est le clergé acadien. Nous demandons à Dieu que vous conserviez intacte | la foi de vos pères dans cette vaste ê République américaine, pays de li- | berté, de justice, et de bien-être matériel. Nous formons des vœux pour que vous conserviez aussi, dans toute leur pureté, ce qui, pour nous, sera éternellement le princi- pal aliment de cette foi qui est no- tre principal trésor, c'est-à-dire la langue française et les traditions de { vos ancêtres. Je me heurte peut- être Ici à des idées préconçues, en certains quartiers, et diamétrale- ment opposées à ceile que je viens d’énoncer, mais n'importe—nous | sommes ici en famille, pour nous dire la vérité —et je ne crains pas d'affirmer que ceux qui disent le contraire se montrent ou bornés en ! 4 science ethnographique, ou aveu- glés par je ne sais quel nuage qui leur cache la vérité. Il est tou-| jours permis de discuter des théo- | ries— mais en ceci, où l’étude a été | faite consciencieusement, à la lu- mière de l'expérience, par des hom- | mes compétents en la matière—je trouve, pour ma part, Souveraine- ment étrange et absolument incom- préhensible, pour ne rien dire de | plus, que des hommes intelligents, | au lieu dese rendre à l'évidence, | puissent encore soutenir que la foi de 1’ Acadien ou du Canadien-Fran- çais ne court aucun risque, s’il vient à perdre sa langue et à ou- blierses traditions. (Cette digres- sion faite, j'ajoute qu'à part les; vœux que nous formons pour vous, nous faisons aussi des rêves—que la Providence seule, paraît-il, nou: aidera à réaliser. Nous rêvons au _ jour où nous serons en mesure de @ fournir un clergé national qui suf-| fira, non seulement à toute l’Aca-| die, mais qui pourra, de plus, se. disperser au sein même de cette Fé-| dération américaine, pour venir en, aide à l’excellent noyau de prêtres canadiens qui pourvoient déjà à vos. besoins spirituels en beaucoup d’en-| L'Irlandais demande un droits. |trop rapidement est susceptible de! mais ceux qui prenaient, cadie nous fondons de grandes es-|disions ceci: Si nos pères ont pérances sur notre petite nationalité. gardé leur foiet leur cachet na- Elle a montré tant de résignation |tional au prix de tant d'épreuves, dans le malheur, tant de constance |après un premier exil, est-il juste sous le coup de la persécution, tant let raisonnable d'espérer que leurs de vitalité dans la lutte pour l’exis- descendants, qui ont peut-être la tence, que nous ne songeons plus|foi moins vivace et le courage guère à la voix disparaitre. Dans|moins trempé, survivent à un se- la sincérité de nos cœurs nous cro-| cond exil, celui-ci étant d'autant yons que Dieu a des vues sur elle, | plus rempli de dangers qu'il est et qu'il saura, en temps opportun, plus volontaire ? “Longfellow, le la conduire à de glorieuses desti- plus pur, le plus suave, le plus nées. sympathique des poëêtes de langue Il est vrai, cependant, que notre anglaise—que je voudrais voir as- marche, quoique sûre cest encore ‘sister à la fête aujourd'hui—et qui. lente—mais, si j'osais risquer le ! s'il eût été encore de ce monde, y mot je dirais que cela est dû à des | aurait certainement été invité, pour causes extérieures, plus ou moins nous permettre de lui rendre l’hom- indépendantes de l'action de la mage que nous lui devons de nous Providence sur nous—et, par consé- lavoir fait connaître à l'Univers quent, ne peut être que de courte | dans le beau poème épique des durée. Pour vous dire toute ma temps modernes— Longfellow, dis- pensée je vous déclarerai, en toute je, en 1847, se demandait encore, confidence, que nous somimes en- tout ému, ce qui était devenu de tourés d'éléments hétérogènes—et nos pères après l'exil. ‘‘7%is is que des personnages bien ininten- 4e forces! primeval : bul whcre are tionnés, sans doute, dans différen- | fe hearths tha! bencath 14, lcapcd tes parties du Canada, veulent bien | Zike the roe when he hcars in the nous prendre sous leur générense sood/aud the voice of the hunisman ? tutelle, guider nos pas avec un soin | jaloux—et, avec une charité toute | 4e home of Acadian farmers"” ? et évangélique et désintéressée qui il répondrait en acceuts plus mor- nous touche profondément, veu- nes encore ‘‘HWas/e are those plca- lent biem aussi nous empêcher de | sant farms and the farmers forever marcher trop vite, de peur que | departed. nous nous heurtions aux écueils.— | .S/r// stands the forest primeral- Enfin, on a découvert, dans je ne | ouf under the shade of its branches sais quelle dernière édition de je ne | d&æe//s another race—with other cus- sais quel ouvrage sur ‘‘la marche | /oms and language." des peuples et la croissance des in. | Si le pote, messieurs, qui, par dividus’’—ouvrage qui nous vise | vocation, s'efforce pourtant de se- tout particulièrement, puisque nous mer partout des roses, cet de pein- allons célébrer le trois-centième an-!dre les événements sons les plus niversaire de la fondation de Port. brillantes couleurs, n'avait point Royal, première ville acadienne, et' foi dans le retour de nos ancêtres la première de l'Amérique, dans sur les côtes du brumeux Atlanti- trois ans, en 1905—on a découvert, que, nous à plus forte raison, les dis-je, qu’un enfant de 297 ans qui descendants des victimes du grand se permet de marcher et de grandir Lexode, désespérions de revoir ja- pour une déterminer un cataclysme tel qu'il seconde fois, le chemin de l'exil. ne s'en est point encore vu dans Îles La fête d'aujourd'hui, messieurs, fastes de l’histoire ! ! ! Vous sou- fait mentir nos prévisions——et si le riez, messieurs, et pourtant ilyalgrand poëte américain pouvait du vrai sous cette hyperbole, —tel- comme nous, assister aujourd'hui à lement, qu'un personnage distingué | et haut placé me déclarait, un jour, | avec touts la gravité que comporte. le sujet, que la revendication de nos droits était absolument contre | Where is the taatch-rocfcd village : fn] ce double réveil du peuple acadien, la littérature anglaise s'enrichirait encore d’un chef-d'œuvre. (à suivre) Notice fo PHRSONS IN ARRHARS ÆOR | ROAD TAXEKS. Provincial Treasury, 26th April, 1902. Persons in arrears for Road Taxes are reminded that payment without costs may be made to the Provincial Treasurer, Charlotte- town, up to the 21st day of May, 1902. After that date, settlement with costs must be made with the Cierk of the County Court, from { whom Summonses are ordered to smissue, pursant {to the provision Le 0 the Aet passed this year amen- ding ‘The Public Road Act, 1901'”. 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