Une reconnaissance initiale de la région a été effectuée en 1987, dans le cadre de l’évaluation environnementale d’un projet de villégiature5. La Cataraqui Archaeological Research Foundation a identifié les endroits où l’on pouvait trouver des artefacts français du 18€siècle, mais n’a pas pu retrouver de vestiges de Saint-Pierre-du-Nord. Selon le folklore local, un cellier profond situé sur une crête rocheuse à l’extrémité occidentale du parc aurait été le site de l’église française d’origine. Toutefois, des preuves historiques situent sans équivoque l’église du côté opposé de la baieô, et le cellier est trop grand pour les maisons typiques de cette période7. Néanmoins, Kevin Leonard, de Mount Allison University, a creusé une fosse d’excavation à l’extérieur du cellier pour vérifier la possibilité d’une association avec les Français. Les artefacts associés à la construction ont permis de confirmer qu’il s’agissait d’une résidence britannique datant de la fin du 18e siècle et du début du l9e siècle. Cependant, sous ce niveau, se trouvait un tertre (de détritus) plus ancien datant de l’établissement français. Sans aucun doute, le fermier britannique avait bâti sa maison sur le point proéminent qui avait attiré le premier colon. Cette couche plus profonde était un riche dépôt contenant des artefacts, des os d’animaux et même des graines de céréales jetées par une des familles Oudy. Des fragments de bols verts émaillés de la Saintonge, des pipes d’argile, des clous de fer forgés à la main, des plombs, des épingles droites et même une plaque de serrure en laiton furent jetés dans la cour. On y a LA PETITE SOUVENANCE 09 99 OS î! 0' S: 0€ 92 0! 5l 0l 5 0 9' Les lectures de la susceptibilité magnétique montrent le tracé d’une ferme française (ligne blanche) à Greenwich et l’emplacement de la maison familiale (ligne noire). (carte: Duncan McNeill, Geonics Limited). découvert sans surprise un grand nombre d’arêtes de poisson, notamment de morue, d’anguille, de plie et de maquereau. On a également constaté la présence d’animaux domestiques — vaches, moutons, porcs et poulets. Les habitants chassaient le rat musqué, le lynx, le vison et le lapin, la gélinotte huppée, la tourte et le canard, et rapportaient leur gibier à la maison. Plusieurs 5 Calaraqui Archaeological Research Foundation, 1987, An Archaeological Assessmenr ofSr. Pelers Bay Eslales. SI. Pelers Bay. Kings County. Prince Edward Island. Manuscrit rédigé pour Morello Associates. 6 C’est ce qu’indiquent au moins trois cartes britanniques dessinées entre l760 et I764; voir par exemple Sketch afrhe Island ofSt. John 19 in the GulfofSt. Lawrence, Archives nationales du Canada, H3/204 (I764) NMC 1853 (original du Brins/x Museum). 7 On trouvera une synthèse de l’information archéologique sur la construction des maisons acadiennesdans Andrée Crèpcau et David Christianson (I995), « Home and Hcarth: An Archaeological Perspective on Acadian Domestic Architecture », Canadlan Folklore Canadien, Vol. l7, N° 2, pp. 93-]09.