à f TT * 7 si Le à qi ee En ° TTC, ap ergnee 6e -e \ DATE ne QE Pme me mener à ï bide ii ii 5 1 La" ; ; n \ d , À, Ne ! : ' . A Ë RTS La + + SRE USE * AA en he # v deg te Er el, , + dv! + \i # #7} à . L e { r | mé NOUVELLE SERIE L'IMPARTIAL, TIGNISH, L P. K, MARI 30 MARS 1915 20 ANNÉE = = ss ai _ lage, ennemi juré des catholiques | perpétuelles relations avec la terre, | geois avaieut étendu des branches qu’il harcelait sans cesse et marty-|cette mine abondante de suprêmes ! feuilles sui le sol, 9 risait sans pitié, bienfaits. Aux portes et aux fenêtres, mille Ce squ'elle ignorait, c'était la| En cela, il ne différait guère delfleurs odorantes s’entassaient, en lutte grandissante, lutte opiniâtre, |ses compagnons. un délicieux fouillis où ies couleurs fauatique, qui jetait les uns contre| Comme eux, il était né sur lesol [les plus variées s'unissatent, mêlant WANTED A reliable man to sell HARDY CANADIAN CROWN STOCK in Tignish and Prince Co. M. P. MARCOI NORD GROSVENORDALE, CONN., r e les autres des enfants de même |fécond qui avait fait delui unen [la pourpre et l'or au tons neigeux| Stat now at the best cé nm p l'or au tons 4 1 dit $ J étais jeune et toujours malade. Obligé de travailler, sang et de même patrie, guerre dé. |fant de la nature dont il aimait et |des lis et des pâquerettes. Selling Time. j’aurais bien voulu avoir bonne santé. C’est par l’em- chaînée entre les partisans de la Ré |comprenait les subtiles beautés. De grands mâts enguirlardés se; Mot fr. Me ef CPRNO forme et les fils de l'Eglise romaine] Cependant, ce matin-là, un pli/dressaient dans la nue, soutenant de) La France se dévorait elle-même. | sombre se creusait entre ses sourcils légères couronnes de verdure. Gilletre, simple fille des champs, |touffus. Et sur le seuil des logis, de aies OFFERINGS, au.i terms to agents. Libersi Commissions Handsome ploi des PILULES MORO que je l’ai chtenue.’? RES NN . à ceux qui souf-, |en communion permanente: avec| Il ne pouvait rester en place. figures apparaissaient, se souriant | Free Onutfit. se PAT : cette terre qui l'avait vue naître et| —Gillette le vit reprendre sa mar-|les unes aux autres, h:ureuses de STONE AND WELLINGTON ensuite se “roan-ape- À su ‘J'étais Jon, pes trie grandir à l’ombre du chaume fami-|che tourmentée et ne résista pas au | cette journée qui s'annonçait ma The Fonthill Narseries. : L''e vigoureux, € | ; é : : $ à ses occupations ordinai- travail que j'étais { }lial, loin des bruits du monde, de |désir Ge la questionner. guifique, prodigue de bonnes pro (Established 1837) res. L'essentiel est de bien s'adresser, de choisir le vrai remède et de se soi- gner avec persévérance avant qu’une ruine com- plète se soit établie dans sa constitution. La première chose est de pe des fcrces, de se faire du sang, du bon sang, grâce auquel fonc- tionne tout l’organisme. Les Pilules Moro sont la médecine la meilleure et aussi la plus économi- que que les hgmmes puis- sent employer. Elles ont de faire, j'en suis venu ure faiblesse si grande aue, malgré tous mes ef- iorts, malgré toute ma Lorne volonté, je fus $ cilisé à un repos. Je me * { sentais du mal dans tous les membres, puis à 14 tête et aux L FR cucore plus accentué. ‘ J aurais bien voulu avote ‘ :crne santé, etc'estpou# c:saver de l'acquérir que: jai employé les Pil :oro. C'est le meilleur ÿ zcmède queje n'aijamais j vercontré et celui qui zit le plus rapidement. me suis bientôt t vé plus fort; mes dotm leurs sont disparueset je la politique des grands, des événe-| —Qu'as-tu donc, père ? demanda ments multiples dont le royaume |t-elle. était le théâtre, Gillette ne savait,| Il s'arrêta, enveloppant d'un seul |intestines. ne pouvait savoir tout cela. regard sa femme et sa fille, les deux| Le peuple à cette époque aimait Si le nom de Calvin, le { réforma- ‘êtres qu'il chérissait le plus au|passionnément les cérémonies de teur d’une religion trempée das le | monde... l'Eglise. Il avait le culte de la sang du Christ, lui parvenait par-| --Gillette, répondit il en étouffant Vierge, et celui des saints, patrons fois aux oreilles, ceux de Condé, de un sogpir, je ne voudrais pas ternir | des villes et ces confréries. Coligny, d’Andelot, ;et de tous les de mes funestes pressentim2nts l’é Les fêtes religieuses étaient ses chefs huguenots, lui étaient incon- | clat de cette journée. Je ne voudrais plaisirs de prédilection. aus. pas queta joie fût gâtée par maj Les moindre chapelles valaient, à Mais qu’importait à ces hommes |tristesse, ef pourtant... ses yeux, les plus beaux palais des l'existence de cette humble fille ?| —Triste ? {s'écria Anne, Tu eslrois. Ils combattaient pour une cause|triste, lorsque le soleil est radieux, | Ilne souffrait pas qu'on tentât qu'ils ctoyaient bonne, et se trom- | lorsque ta fille est près de toi, lors- | de rien changer à’la décoration de messes fpour l'avenir, cet avenir compromis par taut de querelles TORONTO. Bernard Hotel Theo Bernard, Prop. located and con Ccnveniently ducted on the ‘‘Comfort Principal” Rates moderate Livery Stables in connection Tignish P. E, | 1 bd 4 40 me remis au travail aveo plaisir. J'étais très bien guéri des pires d’hom- «+ jele suis encore.”—M., |paient. que dans quelques instants les bé-|ses autels, et vouloir rendre une é | POUR des Emprunts d'argent . non. La SO ee Tandis que le catholicisme affir-|nédictions du ciel s‘étendront sur |glise unecomme une grange était) POURfachat la vente et ou se. sommes pour essayer de _. . mait, selon la décision des conciles nous tous ?....Pourquoi ne pas|une témérité dont il se revoltait. exchange de terres La CONSULTATIONS GRATUI*, n le cor et | prendre part à l’allégresse généra- ’al - ; vocouvrer Jorces ot nié. res au No 272 rue Saint- CR CNRS Que le cons et} fe : , . Ponge ns le voie “0e on POUR assurances surtoutes surtes Ld Ces pilules sont d’un usage facile ; il suffit d’en prendre deux après chaque repas ; une boîte dure au- delà d’une semaine et le traitement ne peut coûter plus de cinquante sous par le sang de Jésus Christ sont en réa- |le ? Pourquoi t’isoler dans un cha-|terre avait vécu ‘en paix, loin des lité dans l’hostie consacrée, le pro |grin que je ne m'explique, pas ? | horreurs qui se commettaient dans testantisme, par la voix de Thédore| N’es iu donc plus Guillaume Le|je royaume p'incipalement en cer- de Bère, lieutenant de Calvin, pré. | Huic, le Guillaume que j'ai tou-|taines parties du Languedocet des tendait au centraire que la commu- | jour, connu et que j'aime de tout Pyrénées où les huguenots brisaien uion n’est qu’un acte de foi, ‘‘le| mon coeur ? les images, brûlaient les reliques et Christ demeurant corporellement| —Femme, répondit le vieillard | massacraient les fidèles. éloigné de l’hostie, autant que le|d’une voix tremblante, tu ne com | Aussi, quand la cloche tinta joy- plus haut ciel est éloigné de la prends donc point que cette fête |eusement, lançant vers l’azur ses terre’’. peut attirer sur le village l'atten | envolées sacrées, les habitants s'en De cette discussion naquirent les |tion et la colère du sire d’Aubépin. |allèrent, confiauts et ravis, par Jenis, tous les jours, ex- : cepté le dimanche, de 9 . heures du matin à 6 heu res du soir. Les hommes malades et dont l’état l’exige peuvent semaine. recevoir de nos médecins, De plus, tout homme au moyen d'appareils les qui le désire peut avoir gratuite-|rer votre état, si votre médecin | plus perfectionnés, des traitements ment des conseils qui l’aideront. ne vous a fait aucun bien ou si à l'électricité destinés à leur faire Les Médecins de la Compagnie Mé- | vous n'avez pas de médecin attitré, | le plus grand bien. dicale Moro sont à leurs bureaux, | venez voir les Médecins de la Com-| Les Pilules Moro sont en vents à la disposition de tous les hom-|pagnie Médicale Moro, prenez les! chez tous les marchands de remè- de propriétés, pour hypotêques tes tametits, deeds, etc., etc, allez voir W. D. Sumner TIGNISH, I. P. E F. J. Bernard, MARGHAND- TAILLEUR A toujours en mains un M. P. MARCOUX assort | ] | 3 : ns + = mtertrmetie * mes qui souffrent. Ils donnent aussi par lettres des conseils à ceux qui ne peuvent venir les voir et qui leur écrivent. Ainsi done, vous tous hommes qui êtes malades et faibles, si vous n'avez pu jusqu’à présent amélio- Pilules Moro et vous reviendrez à | q la santé. Le témoignage suivant a été don- es. Nous les envoyons aussi, par la poite, au Canada et aux Etats- Unis, sur réception du prix, 600 né par un homme qui a été guéri | une boîte, $2.50 six boîtes. Toutes et qui ne permet ainsi la publica-|les lettres doivent, être adressées tion de son cas que pour recom-| C OMPAGNIE MÉDICALE MO* mander un moyen de rétablisse- | RO, 272 rue Saint-Denis, Montréal L'AME DE ROLAND (de la première page) groupées les rustiqnes habitations villageoises. Quelques paysans ignorant en core le danger qui les menaçait, marchaient à travers les [terres cul tivées, rentrant ide l'office divin dont les cloches ’paroissiales annon çaient la clôture. Et, sur les sentiers tortueux, s'en allaient de joyeuses bandes endi manchées.. Et c'était jour de fête pour ‘tou tes ces âmes qu’une même oroyan ce uuissait, pour tous ces fervents catholiques guettés par le protes- tantisme... Jacques et {Ludovic, à quelques pas en arrière, observaient leur maître et, devinant ses pensées, se réjouissaient d’avoir en lui un au xiliaire, au {cas où il leur faudrait déserter une cause qu'ils ne se sen taient pas [le courage de soutenir Aussitôt. une l'extraordinaire é-| motion s’empara de lui... La jeune fille venait de le regar- der, etce regard, si respectueux qu'il fût, était empreint de tant de fière innocence, il accusait une telle bonté, une telle grandeur de carac- tère, que Roland en fut ébloui, Mais déjà la vision s’évanonissait derrière les haies fleuries... : Quelques instants plus tard, le pacifique gentil homme, accompa gué de Jacques et de Ludovic, franchit la porte du château et, après avoir confié son cheval aux soins d’un valet, se retira ! dans Îises appartements. Là, lac guissamment assis sur un large siège au dossier sculpté, il resta de longues heures à songer... L'imege de la jeune fille lui ap paraissait toujours, et, quoi qu'il fit, preuait de plus en plus posses sion de lui même... —Qui est elle? se demsnda-t-il. écoutée ; ses conseils étaient fidèle- went suivis car Gillette semblait créée d’une essence supérieure au commun des mortels. Elle puisait sa vaiilante énergie et son charme enjoué dans une iné- branlable foi en la religion chrétien ne, catholique, source de ses intimes félicités et de ses plus chères ex- tases. Elle s’unissait au ciel même par un amour sans limites pour le Créa teur de toutes choses, pour son di- vin Fils, et pour la Mère aux sept douleuis, qu’elle invoquait, chaque jour, à l’heure de !a prière. De là le doux rayonnement é- chappé de ses claires prunelles, le souffle pur qui caressait son front, et la magique puissance exercée sur ses compatriotes. Ce jour là était la fête de la Vier ge, et, dans quelques heures, la clo- che de l’église devait appeler les f- dèles, afin de glorifier Celle qui J'ai le pressentiment que la destinée | veillait sur ce coin du Poitou. guerres religieuses, inon seulement entre catholiques et protestants, mais aussi entre luthériens et calvinistes. Le sang ceulait sur tous les points de la France. Forcés par le peuple, en quelaue sorte, le prince de Condé et l’amira! de Coligny s'étaient mis à la tête des huguenots, pendant que les Guise et ledue d'Anjou diaigaient lcs catholiques. Et les massacres commencèrent. De partet d'autre, on se battait — Le sire d’'Aubépin ne peut em pêcher les gens de prier à leur guise !.... —1l peut tout ! fit Guillaume en que tien n'arrête dans sa haine con tre notre religion. Il fait tuer tous plus atroces tortures pour les obli à mort, chacun guerroyant pour et la vengeance au coeur. lancer ses soldats contre les papistes. Chaque jour, les portes de son château se fermaient, pour ne plus s'ouvrir, sur quelques pauvres hères récitant le chapelet, ou sur de mal- heurenx eciésiastiques coupables d'enseigner la vérité aux habitants des campagnes. A cette heure, le soleil, dégagé des brumes matiuales, inondait de ses étiacelants rayons le redoutable castel, vestige féodal d'une époque de somb:es et mystérieuses terreurs, témoin de barbaries ignorées, de crimeskimpuvis, et faisait luire les avec Sa troupe de mécréants, tantôt, Le sire d’Aubépin n'avait pas à enfermé dans son château, il en sort pour tomber à l’improviste sur nos coreligionnaires, piller des monastè res et martyriser les moines et les prêtres. Je te dis, femme, que ce barbare n'est jamais aussi heureux que lorsqu'il voit couler le sang, et qu'il épouvante tout le pays. !.... Anne écoutait, frémissante, les mains joiutes, et ne trouvait rien À répondre. Ce que venait de dire son mari la glaçait de terreur, —Qu'importe ! s'écria Gillette, le sire d’Aubépin ne saurait triompher. Je sais que loin d'ici, dans une contrée étrangère où les montagnes serrant les poings. Tu ne le connais (Il se nommait Symphorien, avait pas. Cet homme est un monstre | cinquante ans, les traits ouverts, le les catholiques que surprennent ses | On savait seulement qu'il était de soudards, les tue lai même de ses | naissance obscure, et qu'il possé propres mains, et ne leur épargne ni! dait un frère, capitaine À l’armée, injures ni supplices, inventant les : dont l'affection lui était chère. ger à abjurer leur foi. On dit que, | disait il parfois à ceux quile ques tantôt il rejoint les grands chefs tionnaient, Vous le verrez à l’oeu son salut, la haine dans les yeux | Htguenots et sebat à leurs côtés groupes nombreux, à la grand'mes se que devait célebrer leur pasteur vénéré. Celui ci était un prêtre austère, front haut et traversé de rides. Nul ne connaissait son origine. —Son nom sera célèbre un jour ! vre et ce jour là, vous aimerez le soldat comme vous aimez le prêtre !—— C'était Symphorien qui avait fait de Gillette ce quelle était, une en- fant pure et sans tache, une vivante personuification de la plus saine morale que la religion pût enseigner. Puisant sa force dans l'Evangile, il avait l’éloquence des simples, celle de l'âme, et lorsqu'il prêchait Jésus Christ, sa parole jetait plus de fleurs sur son auditoire que les pru- uiers sauvages n’en laissent tomber sur la terre. Ii ne vivait que ponr ses pauvres paroissieus et son église, cette der nière assez délabrée, mais dont il se ment dedrap, tweed et étoffe de dermière qualité PRIX RAISONNABILES ET OUVRAGE GARANTI Tignish, PET TRILBY PRESS £IDES TO OPEN B0X, PUT UP IN SELF, OPENING HINGED COYER ,TIN Just press the sides and the cover prings open like the cover cf a match case. Only 10 cents everywhere. EVERETT & BARRON CO. AMHERST, N.Ss. Aiso makers of the famous par le brigandage de cette enfant est intimement liée] Gillette ouvrit la fenêtre et plon- flèches de ses tourelles comme au-|s’élèvent jusqu'au ciel, il est une|contentait aisément. Telephone 30 P. O. BOX 37 Les troisécavaliers approchèrent | à 1a mienne ! gea sa tête dans l’air matinal. tant de prunelles braqués sur les }ville abritant un homme du nom del Au dehors, le lierre et la vigue R H = mC-A rs de la zone cuaneent le manoir hu ee D'odorantes envirous. Calvin, que cet homme veut abolir | folie envahissaient les murs, grim ° RUES guenot. Un chemin suivait la lisière de la forêt ; il s'y engagèrent et mirent leurs montares au pus, afin de les reposer de la traite qu'elles ve naient de fournir. Le soleil, déjà haut dars la nue, projetait ses feux à travers la vous sure des grands chênes, dorsnt le feuillage dentelé sous lequel s’abri- tait tout un monde d'oiseaux ,babil- lards, et foulllait des eoins d'ombre iguorés, pénétrait les mystères ‘en- sevelis sous :la mousse, troublait, pour quelques heures, le silencieux repos de ces arbres séculaires. Les haies d'’aubépine et les !{buis- sous de rosiers sauvages saturaient l'air de leur subtil parfum. : De légers papillons voltigeaient, se poursuivant en une course vaga- bonde. Et les derniers sons des cloches parvenaient aux oreilles des voya- geurs, comme une mélodie très douce s'harwonisant avec le ta- bleau poétique qu'ils avaient sous les yeux. III LA FETE DE LA VIERGE Unmcis, environ, après cette se préparait à un acte solennel, attendu le chant du coq pour sauter à bas de sa couche. Les ! premières che et pimpante, {déjà revêtue de ses plus jolis atours. Gillette avait dix-buit ans. C'était une enfant dont la gracile beanté s’épanouissait aux lumières de la vie, comme la rose sous l’ha leine printanière. cils, l’arc de ses” sourcils, son front ton, son épaisse chevelure naturelle ment bouclée, sa voix caressante, son teint qui n’ajoutât un trait de) feuilles lueurs de l’aube lafsurprirent, fraî-|taient au soleil levant comme au- tits qui se uaient, se parlaient, en incessant contact avec des peuples cachés Ses yeux noirs ombragés de longs | sous la mousse et les herbes. trine se dilater. senteurs } Jui arri- vaient de la campagne encore re- couverte d’un transparent brouil. lard, voile diaphane étendu sur la rencontre, le village de Sauveterre |terre par une main protectrice. Dans la forêt, d’un vert sombre, Gillette, ce matin-là, n'avait pas|Où d'étroits sentiers se perdaient parmi les sauvages bruyères, les chargées de rosée miroi- tant de diamants liquides. M ille bruits confus, insaisissables circulaient dans l‘atmosphère. Tout un monde d’infiniment pe- cherchaient, se devi- On eût dit que ces feuilles, ces pur, sa petite bouche qui découvrait herbes et cette mousse respiraient, deux rangées d'émaux blancs et|vivaient, et serrés, la forme délicate de son men | rendait hommage à son Dieu. que l'entière nature Gillette, fascinée, sentait sa poi- Son coeur s'ou- tout cet snsemble merveilleux sé-|vrait, ses yeux se grisaient de ce duisait comme un ciel azuré. {Spectable dont ils ne pouvaient se Il n’était pas jusqu’au hâle de |rassasier. —Mor Dieu, disait elle joignant plus à sa physionomie. les mains, votre bonté et votre puis Gillette ne put le contempler da vantage. Sa poitrine se serrait, en face de cette image terriflante qui troublait ses pensées. Elle quitta la fenêtre et sorit de sa chambre. Dans la /pièce voisine, Anne Le Huic préparait le repas que la fa. millefavait coutume de prendre au début de ia journée, pendant que Guillaume, son mari, marchait de long en large d’un pas silencieux. —Déjà levée, Gillette ? fit la bra ve femmelen embrassant l'enfant. —Boujour mère ! répondit Gil- lette avec tendressse. Aujourd’hui je n’ai pas voulu attendre l’aurore, car toutes mes heures doivent être consacrées à la madone ! — Comment te voilà belle !.,... —Ne faut-il pas lui faire hon ueur ? C’est Elle qui nous protège, c'est pour Elle que je me suis parée. Ai je eu tort, mère ? —Non, non,tu as toujours rai son, ma bien aimée ! répondit Anne en la baisant de nouveau. Regarde la religion du Christ, fils de Dieu, et fonder une religion à lui. Père, laisse les méchants se révolter con- tre leur Juge ! Ils n’arracheront ja- mais la foi de nos âmes, et un jour viendra où le sire d’Aubépin, ses chefs et son infâme Calvin, seront punis de leurs crimes par Celui qui tient les destiné et humaines dans ses mains ?.... La jeune fille était superbe... Ses grands yeux pleins de flam- mes semblaient éclairer le modeste intérieur d’une lumière inconnue. Son accent convaincu pénétrait au coeur des deux écoux et les trans- figurait d’une joie orgueilleuse. Jis croyaint en leur enfant.... Et, pour confirmer ce que Gillette venait de dire, une sonnerie d’airain traversa les airs, frappant de ses échos mélodieux les murailles des habitations. C'était la cloche de l’église qui se mettait en branle. en rumeur. —Écontez, fit Gillette, voici la | En un instant, tout le village fut es [était plus humble encore et que le paient jusqu’au’ toit, formaient de vitraux naturels aux fenêtres défon cées, et, n’était le clocher surmonter d'une croix, on eût pris cette mai- son de Dieu pour une misérable masure. Des poutres traversales coupaient brutalement la voûte, soutenue par de gros piliers à peine équarris. L'autel avait un tabernacle avec des chandeliers 4e bois des images de saints, placées au-dessus d’un naïf chemin de cruix, variaient, seules, la nudité des murs. Maistelle qu’elle était, le prêtre Symphorien aimait son église et n’en eût pas voulu d'autre. Loin de rougir de sa pauvreté, il prétendait que l’étable de Bethléem Christ ne dédaigna pas d'y naître. Si le calice dont il se servait était d’étain, Dieu le préférait certaine- ment à un calice d'or, puisqu'il le savait offert par des mains immacu- LA LCR Barrister, Solicitor Notary Publi Money to loan ALBERTON P. E. ISLAND W. P. Mcbride, MD Bureau: Pharmacie Gallant Résidence: J. Albert Brennan Consultations nuit et jours DR. PURDY, DENTIST ALBERTON, P, E. ISLAND Will be in Tiznish the last Tues day and Wednesday of each month. à continuer | Rs = L'âme du jeune Roland s'impré| Mais, ce qui, par-dessus tout, | sance sont infinies !..… donc, Guillaume, comme ta fille est | voix du ciel qui nous dit d'espérer ! NOTICE | ‘ à « * ’ { ‘e È Î ) è Î . guait de toutes ces choses. … brillait d’un écla extraordinaire, | Mais son regarä euveloppant Re : C'est elle as nous appelle, Partons Notice is hereby given that ali | Le prêche de Bressuire s'effaçait | était le regard profond, mystérieux, | l'horizon, elle tressaillit soudain. | Guillaume Le Huic contempla |sans crainte !.... peu à peu de sa mémoire, semblable à l'inquiétant nuage,qui s’'évapore dans l’embellie des cieux. Et son ;front se rasséréna, ses traits reprirent leur régularité pre- mière, et sur ses lèvres, un gai sou- rire apparut. Au détour du chemin, une ieune où se lisait l’adorable candeur de son âme virginale, tion simple et naive, gens ‘primitifs | fille et uu fvieillard se rangeaient pour le laisser passer. Roland ralentit encore l'allure de sou cheval et fit salut bienveillant joie et le bonheur autour d’elle. ges abattus, pansait les paies les] D'un mot, elle relevait les coura- |t aux deux étrangers, { Son | qu'elle laissait échapper un doulou Elevée au milieu d’une popula- |reux soupir. front se rembrunit, tandis Là bas, sur le coteau, parmi qualifiés de rustres par les sei-|d’immenses rochers, géants ffarou- gneurs, mais foncièrement honnê | ches, se dressait le castel du sire tes, elle était la reine de Sauveterre | d’Aubépin, le cruel seigneur de la la jolie fée dont le sourire semait la |contrée, le huguenot san guinaire dont le nom seul terrifiait les habi- ants à trois lieues à la ronde. Elle connaissait les exploits de plus saignantes, félicitait les uns, |ce gentilhomme déloyal, toujours blâmait les autres, et toujours était e quête de dévastation et de pl Jtravell sous la garde de Dicu, en Gillette de ses yeux profonds et ouvrit les bras. L'enfant s'y précipita et le pay san le couvrit de caresses.... C'était un homme dont le rude visage respirait l'honnêneté. On lisait sur ses traits la franchise, le bonheur, le calme d’une conscience irréprochable, et, à le considérer souvent dans sa sereine quiétude, on eût pu affiimer qu’il était vrai. ment heureux, car il vivait de son Guillaume et Anne Le Huic dé. pêchèrent leur repas, et, quelques minutes plus tard, tous trois se di- rigèrent vers le clocher paroissial, dont la flèche de fer accrochait les paillettes d'or que le soleil jetait à piofusion sur la campagne poitevi na. La fête de la Vierge se célébrait tous les ans, en grande pompe, Dans l'unique rue bordée de rus tiques chaumièaes et de quelques parties who trespass on my wood and at Palmer Road, destruction to the young trees by | causiug cutting and hacking for sap, vin) be prosecuted to the full extent of | the iaw. Many of the miscreats who already caused great damage are be dealt with | accordingly. | William B. Handrahan Harper Road, known and will constructions plus solides, les villa ‘ March 4th., 1915. i LUBRICATE Our Classified Want Ads. furnish à lubneant that is good for any kind of business machinery Do you want 2n employer or an em) ployee Have you something to seM or 15 there something you wish to buy ? No matter how large or how small your business 15, Condensed Ads. will im prove is—Où up. LL _ LL 1122": *)