pr à Tuons les Chiens LR 8. | © (suite de la 1ère page) —Votre Honneur, dit-il avec vé- hémence...venez ici, Turc...vos Honneurs sont appelés pour juger nn chien de bonne volonté..Turc, venez ici, monsieur..et vous ferez justice à mon famille qui a du cha- grin beauconp du scandale..venez plus proche, ma pauvre chien. ...et encore pour oune garçon qui a volé mes cerises et graffigné mon porte de la cuisine avec une gaule de me- risier, et mon femme et mes filles qui ont des peurs sans compensation pour le trouble et les jappements du chien quand il passe dans la rue le jeune homme ou bien des va- ches....e Ici, Pambrin éclata de rire, don- ten nn RE Rene Rene 2 M Pr np 2 radist cs “ É- ‘ mipuste % D ee ne mL ON Lie EN DRE I GET « Dei DIN MD ES € ” 3 : F mm 905 peer dore nn L'IMPARTIAL JEUDI LE 1! DECEMBRE, 1902 Le LES pour écouter les discours. Tout à coup, que vois-je ? Turc |! Turc en chair, en os et en poils, aveo ses dents blanches quise dressent de mon côté. Ilme reconnait, le traître ! Il n’était donc pas mort ! Pas mort—<et le jugement du tribu- nal ? J'en perdis aussitôt le senti- ment du patriotisme aveo le reste, et je me laissai entrainer aux excès que cette surprise ravivait en moi. Turc suivait un jeune homme, fils de Patrick Moss, lequel jeune homme s'appelait alors La Bayon- nette, à cause de ses goûts pour la milice et n’est pas la crème des camarades ; sur ce dernier point, il me déplaisait depuis des mois et des jours. À la vue de Turc, mon sang ne nant le branle à un concert de cris et d’exclamations joyeuses auquel | l'auditoire entier prit part à cœur | joie. Nic. et Pat. étaient furieux ; ils gesticulaient, tête, me menaçaient du poing, tan- dis que Turc abeyait de toutes ses forces. Naturellement, l'huissier Jançait des Silences ! à briser les vitres. —$i la cour le permet, humblement Pambrin, M. reprendra son plaidoyer, nous a- vous assez ri pour le moment. —Allons, Messieurs, intima le plus âgé des dettx juges, procédons, la cour n’a pas de temps à perdre. Nic. avait continué de s’agiter démesurément, il était violet de dépit et sa voix tremblait de la plus drôle de façon. Néanmoins, com- me il avait réservé ses grands effets oratoires pour la fin, il reprit. Ææja justice de ma chien est con- sidérable et pas drôle beaucoup... venez ici, Turc, que les Messieurs considèrent par vous-même le méri- te des accusations. Alors, à notre profond ébahisse- ment, nous le vimes saisir Turc par les deux oreilles et le secouer au bout de ses bras tendus.... —<Silence ! silence ! ! se hâta de crier l'huissier, croyant bien que les rires allaient recommencer. demanda Moss —$Si ma chien était maligne, je. propose à Vos Honneurs qu'il vou- drait bien me mordre pour le traite- ment que je lui gratifie. _ —Monsieur, dit sévèrement l’un des magistrats, cessez vos démons- trations : si vous n’avez rien de plus à prouver, la Cour va se retirer pour prendre une décision. Un moment de calme absolu suc- céda à ces paroles. Nio. reposa sur le plancher, lentement et comme à regret, sa bête qui semblait très mal à l’aise et surtout rageuse en diable. En ce moment, le greffier se leva pour prendre une plume sur un pupitre voisin. Turc fit un bond en avant, et aussitôt le grefher en fit un autre en arrière—il était mordu au mollet, mordu à pleines dents !.... Ce qui se passa sur ce coup est facile à comprendre. L'auditoire battait des mains au milieu des éclats de rire. Avec peine et mi- sère, on parvint à rétablir l’ordre, mais ce fut pour entendre la cour prononcer la sentence suivante : “La cause est entendue. Le propriétaire de Turc, le chien ici présent, est tenu de tuer cet animal dans un délai de vingt-quatre heu- res et de payer les frais encourus dans cette cause’’. Victorieux ! j'étais victorieux ! Vous croyez peut-être que mon histoire se termine ici. Pas du tout ! Les frères Moss possédaient nne grande fortune, et avec cela ils jouissaient d'un caractère qui les poussait sans cesse vers la chicane et les démêlés judiciaires. Tracassiers et toujours à l'affût des cancans, ils passaient pour très dangereux dans notre paisible ville, parlaient à tue-| fit qu’un tour, je levai la canne que | je tenais à la main, mais La Bayon- |nette leva fa main et me défia de |toucher à son chien. Je ne dirai pas tout ce qui suivit. | mais je vous assure que je ne fis laucun usage de ma canne. Seule- |ment la volée qui menaçait Tur:, tomba au compte de son maître. | Ce n’est pas tout. Comme, après la défaite de celui-ci, le chien | filait, la queue serrée, vers la de- | meure de la famille, je le suivis et (le rejoignis....dans la salle à man- | ger. Oui, dans la salle à manger, sans compter que la table venait d'y être dressée pour le diner et que la maison n’était pas vide de ises occupants habituels. Turo Icriait comme un misérable qu’on |égorge, mais je ne cessais de frap- | per. Se fourrait-il sous un meuble, je renversais le dit meuble, et tape ! De cette manière je cul- |butai la table avec tout ce qu’elle | portait, les chaises et un petit buf- Ifet. Vous dire les péripéties de |cette course et de cette bataille est impossible. Je dis ‘‘bataille’”’, | parce que les Moss étaient accourus jau bruit et cherchaient à s'emparer | de moi—ce qui n’était pas chose fa- cile, je vous prie de le croire. Ce- pendant, au passage, Nic. me plan- ta son poing sur la mâchoire ; —en revanche je le renversai sur une pile d’assiettes qui s’en trouvèreut fort mal accommodées. Bref, cette si- tuation insensée devenait trop cri- tique—je montai quatre à quatre l'escalier, et, avisant une fenêtre, sautai de 1à dans la rue, au nez des Moss abasourdis. On a longtemps parlé de ce saut. Dix minutes plus tard, j'étais au palais de justice, —la feuille d’éra- ble en loques, mais le cœur armé d’une éloquence foudroyante, Vous devinez si je signalai au greffier le mépris de justice dont mes ennemis s'étaient rendus cou- pables en conservant la vie à un chien condamné à mort ! Tuons les chiens ! Nouvel appel en cour- Cette fois, le tribunal me fit intervenir comme témoin, J'avais vu Turc vivant. On le mena devant les magistrats, qui le firent tuer séance tenante par un constable ; les Moss payèrent une amende de cinq louis. Je triomphais encore une fois. Hélas ! je ne songeais point au re- vers de la médaille ! Le surlendemain, je reçus un pa- pier qui me causa un étonnement incommensurable. J'étais tenu de me présenter en Cour, le 15 du mois suivant, pour répondre de ma conduite dans l’af- faire du bris de meubles, etc., et me voir condamner à payer deux cents louis pour ce fait d’armes. Le papier disait cela. Décidément, mes affaires se gâ- taient. Les Moss n'étaient pas contents de la cour des magistrats, forçaient à affronter la ‘‘grand’Cour’’, comme on dit. Dans ce désarroi, j’eus recours à Pambrin. —Bah ! dit-il, soyez tranquille, is me et la lutte entreprise contre eux me | Sa Va marcher. faisait regarder comme un téméraire Comme il m'avait déjà dit cela, feuille d'érable à la boutonnière, je | infinie pour braver la tempête en me rendais sur la place publique /bonne condition. à qui les Moss feraient payer cher |107s de mon premier procès, je re- son audace. Ilen était résulté que | P'S Vigueur et je pus jouir de la Cette fois, le danger était de mon côté, car j’a- vais commis ce que l’on appelle une effraction, ou quelque chose appro- chant. J'avais effrayé et fait pâ- mer une quantité de personnes, bri- sé des choses qui se payent cher au magasin, et poché les yeux de La Bayonnette d'une. manière pitoya- ble. Pambrin plaida admirablement. Les Moss se donnèrent un mal é- ) norme. ..pour gâter leur cause. Les juges décidèrent que, sans le pre- mier procès, tout cela n’aurait pas eu lieu, et par conséquent qu’ils renvoyaient la plainte avec frais et dépens. — Vous verrez, me disait mon a- vocat, sortant de l’audience, que ces têtes chaudes n’en resteront pas là. L'affaire leur coûte cent louis, ils vont la porter en Cour d’Appel et perdre encore quelques centaines de louis. — Vous m'épouvantez, lui dis-je. —Bah ! laissez donc, nous allons rire—et du reste, ne voyez-vous pas quel intérêt toute la ville prend à ce débat ! Que diantre ! on vous la fait belle ! En effet, nous allâmes à Québec en cour d’appel—mais le drapeau resta dans mes mains. Les Moss avaient déjà perdu beaucoup d’argent par cette lutte, ils mirent une somme encore plus forte au jeu et la perdirent égale- ment. — Comment cela ? direz-vous. —En appelant de la décision de la cour de Québec, devant le Con- seil Privé de Sa Majesté, à Lon- dres ! Et voilà ce qui m’a valu l’hon- neur d’être conduit au pied du trône— à la remorque des Moss. Savez-vous ce qui se passa au Conseil Privé en cette occurence ? Non ? Eh bien, je vais vous le dire : Le Conseil Privé refusa net de s'occuper de l'affaire ! Les plus mordus dans ce long combat ne furent point les victimes de Turc, mais bien ses maîtres. Tuons les chiens ! BENJAMIN SULIE . er ren Humoristique Je ne sais ce qui me retint de vous flanquer une gifle ! L'autre, froidement.—La peur de recevoir une râclée, sans doute ! Ne trouvez-vous pas qu’ils sont bien assortis ? Oh ! certainement. Elle est jo- EART ANERVr PILLS Have Restored Thousands of Canadian Women to \ Health and Strength. There is no need for so many women to suffer pain and weakness, nervousness, sleeplessness, anæmia, faint and ce 4 spells and the numerous troubles whic render the life of woman a round of siok- ness and suffering. Young girls budding into womanhood, who suffer with pains and headaches, and whose face is pale and the blood watery, will find Milburn's Heart and Nerve Piils help them greatly ee. this period. Womeg at the change of life, who are nervous, subject to hot flushes, feeling of pins and needles, palpitation of the heart, etc., are tided over the trying time of their life by the use of this wonderful remedy. It has & wonderful effect on a woman’s system, makes pains and aches vanish, brings color to the pale cheek and sparkle to the eye. 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