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Leurs biens, comme au temps de notre grande Révolution, ont été con- fisqués, et une modique pension viagère » été dounée en échange à chacune des religieuses pro- fesses. Or cette spoliation ayant en lisu en 1870, tonus les cou vents qui ont eu le «ourage de coutinuer la clanstrale n'ont pas tardé à sentir leur pauvreté s'agsrarer de plus en glus, à mesure que la mort moissonnaîit les religtuses pensionnées par l'Etat. jel'es qui ont esé braver la défence des persécuteurs et re- cevoir des novices se sout expo- gées, par là même, à une misère plus profonde encore, puisqu'il leur est interdit d'accepter au- cune dot. Se rouer à la vie reii- gieuse, sartout à la vie contem- plative, dans de pareilles condi- tions, c'est évidemment accep ter le martyre par amour d'une institution divine en son es- sence. Dieu seul connait tout ce qu'ont souffert les bénédictines d'Italie depuis vingt-huit ans. Le martyre de ces âmes gené- reuses est d'autant plus méri- toire, qu'il est plus ignoré et parfois plus méconnu des hom- mes. 1l y a deux mois à peine. la divine Providence nous «a fait découvrir une de ces souffrances cachées : et ce que nous ayons appris nous à ému jusqu'au plus pro‘ond de notre cœar. une lettre qui nous priait de ve-, nir en aide aux religieuses bé | nédictines du monastère de Sainte-Agathe, à Spolète. Nous leur envoyämes. par l'intermé- diaire de M. le iuré de l’église métropolitaine, qui leur porte un intérêt vraiment paternel, la modique somme de 20 francs, tout ce que notre pauvreté nous permettait d'effrir. L'excellent curé nous répon- dit aussitôt : “C'est avec une grande joie que les pauvres filles de saint Benoit ont reçu votre précieux envoi. Croyez le, mon révérend Père, votre argent, que vous considérez comme bien pea de chose, a été pour elle comme la manne quitombe dans le dé- sert. Elles ont pu acheter un pen d'haile pour assaisonner leur salade du soir, unique ali- ment de ce repas, qu’elles man- gent le plus souvent avec du vinaigre seu'ement.” Emu jusqu'au fond de l'âme par cette révélation, nous envo: yâmes 30 francs à ces chères sœurs, plongées en une pareille détresse. Nouveaux remerciements et nouvelles révélations &e l'excel- ent prêtre : “ Je ne trouve pas de mots, é- crit-il, pour vous remercier con: venablement. Je connais peu votre langue française, je suis donc obligé de laisser au bon Dica le soin de vous récompen- ser de tont ce que vous avez bien voulu faire. ‘Les bonnes religieuses ont pris ia chose pour un miracle ou à peu près. Aujourd hui même, | la mère abbesse devait payer 50! fr. au boucher, pour la viande achetée pour des sœurs malades: car la communauté n'en mange que le dimanche et encore quand elles ont des sous pour ex acheter.—Ce beucher mana- cait de la couduire derant le, jge de paix, quand votre belle offrande est arrivée. Vous pou- [toujours gais, toujours fiiiale- |la charité d'une de nos bienfai- vez vous imaginer la joie de Île bonne mère abbesse Deruièrement, nous recerions bon Dieu !” s'écria t elle. “Oh |curé, Jeur vrai qu'il fait bon d'espérer dans le! “Permettez moi. mon Très. Révérend Père, de vous dire que je ne sais pas comment on peut être aussi fidèle à sa voca- | tion avee une pareille détresse. 11 faut avouer que leur saint pa- triarche les protège visiblement, et à bon droit ; car s’il y a, dans la ville, nn mouastère fidèle ob- servateur de la règle, c'est celui de ces vraies filies de saint Bc- noit, les plus pauvres, les plus abandonnées de tous, même... “Elles étaient assez riches au- trefois ; mais le gouvernement ita'‘ien leur a tout enlevé. 11 a: donné quatorze sous de pension, mais à celles seulement qui ont fait profession avant le 20 sep- tembre 1870.11 ne reste plus que quatre de ses sœurs, en sorte que les revenus de la com:! nunauté, composé de trente-cinq | | personnes, s'élèvent à 2 francs! 80 centimes per jour !!! Ah ! le | gouvernement italien! quei compte il aura à rendre à Dieu ! Mais qu'importe ! douces victimes souffrent, patientes et! toujours résignées à. souffrir. | Klles sont les paratonneres qui retiennent la co'ère du bon Dieu. Dans leurs plus grandes) détresses, leurs visages | ces sont: ment empreints de leur Père cé- leste”. On comprendra que ces inté- rescants détails ne firent qu'ex-| citer notre {raiternelle coumpas- sion. Iim;uissant par nous mê- mes à secourir comme il conve- nait une telle misère, un tel martyre, noue eümes recour& à trives, qui répondit généreuse- ment à notre appel, en nous eu- voyant d'abord cent francs, a près cinquante autres. La discrétion nous empêche de reproduire, dans toute sa naive simplicité, l'explosion de reconnaissance qui jaillit du cœur de ces saintes femines, à ia récavtion de ce double envoi: “C'était vraiment une chose touchante, nGus écrivait le bon Que le bon Dieu soit béni! Tel aété le cri de toutes...…...Æiles |prent, elles prent beaucoup. |sième jour du triduum. l'ég'ise se 1evêt la religiense qui a! père spirituel; Je dois à :ears prières beaucoup de «choses, j'en suis sûr. J'ai! bien coifiance an graud srint | B-noit. J'ai même en lui voufian e illimitée, et il m'en a récompensé tout récemment. De | . mr. | puis q'iinze ans, je réclamais en! vain une petite église située sor. ma paroisse et dédiée à saint Laurent: “Tout espoir était perdu ; :e wouvernement, qui s'en était emparé, refusait du la rendre. La Révérende Mère abbesse me suggéra la pensée de recourir à saint Benoit. Mgr l'irchevéqu: me permit de faire en son hon-. peur un triduum solennel dans la chapelle de ces bonnes reli- gicuses ; et samedi dernier, tri. m'était restituée, dépouillée, il est vrai, de toat ce qu'elle pos sédait. Néanmoins, nous avons tronvé un calice d'argent ‘aché sous une nappe d’autel..…. “Vous n'avez pas obligé des ingrates. Elles vous rendront en pénitences l'anmône matérielle que vous leur avez faite. Vous les appelez ‘des victines de la vis religieuse.” Elles sont telles. Mais si vous aviez le bonheur, comme moi, de les approcher, vous vous demanderiez «si ce couvent n'est pas l’antichambre du paradis. Jamais une plainte, toujours la joie de sonflrir ponr Dien. Leur refrain est : ‘La règle et le Ciel. “Elies sont vêtues si pai vre ment que même la R. Mère ab besse a un hab t convert de pi- èces. Je ne parie par C6: sœurs habits dont on ne pont reconnaitre Ja première étofle. Ce sont aes pièces consues l’unc sur l'autre très proprement, ji: est vrai, mais aussi vieilles que propres. Or, loin de se plaindre, la joie dont leur cœur est rempli se re- flète jusque sur leurs visages “Parfois. dans nos en'r:tieus intimes, je leur dis: ‘Vous n'observez pas votre sainte règle, car saint Benoit y prescrit d'avoir ‘deux tuniques et Ge 1x coules afin de pouvoir les la ver,’ et vous n'en avez qu'une — Oh ! me répondent ciles, notre bienhenreux Père, tout saint qu'il était, n’a pas prévu le cas où ses en‘ants seraient dépouil- lées de tout, même de leurs vêtements. C’est égal, nous n’en sommes pas moius heureuses. D'ailleurs, nous nons sommes réserré un> robe commune dout converses, qui out des besoin de razommoder la sienne.” Cette naïve répens: n'est-elle pas anssi sublime que tou- chante ? Comme on le voit, nou: avons | laissé parler ie bo: cur: lui- A même. 11 1 ous a sembié que nos lecteurs eerslent plus émus en lisant cet ex} 0.6 si simpl: d’une situation absolument lamen-| table. Aussi nou; ve craignons | pas de faire appel à tois les cœurs vraiment chrétiens pour soulager une jareille misère, disons mieux, ‘un pareil mar- tyre”. À l'exemple de saint Martin, procunrons tout au mriis à ‘ces pauvres épouses d:Tésrs-Christ une tunique et une coule de re=| change. Lom FRANCOIS CHAVARD. 59 YEARS" EXPERIENCE. INTTS TRADE MARKS, | DESICNS, COPYRICHTS &c. | Anyone sending a sketch and description may quickly ascertain, free, whether an invention is probably patentable. Communications strictiy confidential. Oldest agency for securing patents in America. We have a Washington office. Patents taken through Munn & Co. receive special notice in the SCIENTIFIG AMERICAN, beantifully illustrated, largest circulation cf | any scientifie journal, weekly,terms 83.00 a years ner months Specimen copies and HAND K ON PATENTS sent fre Address MUNN & CO., 861 Broadway New York, une STEEL PT LL Ed dem PRE L'IMPARTIAI, JEUDI LE 20 AV RII,, 1899. 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