EE aa ne nn nage 5 nat. à nm agent _ FEUILLETON. Scenes D'interieur. Le bruit des vents alizés d'une froide soirée d‘au- tomne, faisait entendre son. sitlement aigu en passsnt sous les portes mal jointes vaste m&json de campagne, située dans un village à quel- ques lieues de Dijon. La pendule du salon mar- quait huit heures. Madame Darvis, la maitresse du logis, ainsi que ses deux filles, Char lotte et la mignonne Hélène, se pressaient autour d‘un. foyer près duquel un jeune homme de dix-neuf ans allu- mait un cigare, malgré la dé fense que luien faisait sa mère Je t‘en prie, Yorick, lui disait celle-ci, ne désobéis pas à ton père, Au moins pen- dant le temps que tu passes | avec nous; tu sais comhien il est malheureux de te voir, contracter cette mauvaise habitude du tabac ! j | Je ne fyumerai pas ici, ma mère, je sors à instant; Je temps de prendre du feu et. je pars !.,,,., Mais, mon file, c’est juste- ment de ton absence du salon _ se plaint le plus ton père. Fu lui avais si bien promis de travailler à ton examen pen- | dant ces vacances. Le refus que tu &s essuyé aurait du, ce me semble, te rendre assez | honteux assez. ,..., | Q ma mère |! de gràce ! assez aussi, reprit vivement le jeune homme. Les re- proches que je reçois matin et &oir à ce sujet, au Jieu de sti- muler mon amoyr pour l'é- tude, ne la fersient prendre en horrenr ! Je préfèrerais cent fois être encore au col- | | lége ! Du moins, je pouvais | à mon aise y maudire mes bourreaux, tandis qu'ici la morale quotidienne me trouve | toujours, , » » » » Sourd à ses avis ! c'est. üne morale perdue, n'est-il | pas vrai, mon neveu ? dit en s'introduisant dans le, salon | un ecclésiastique d‘environ | cinquante ans, dont les traits, fortement accusés, eussent | rendu sa physiomie dure, si. l‘expression n'en eut été a- doucie par la bienveillance de son regard. Je tiendrais à | te persrader, ma sœur, dit-il | en se retournant du eôté de! madame Daris, je voudrais | pouvoir te convaincre que tu | prends trôp de souci du mau- | vais caractère de Yorick Cest | un monsieur qui se gouverne | à sa guise; il va sans dire qu'il se gouverne fort mal ! Ïl est d'un àge ou il faut le laisser libre d‘agir à sa facon. Il sera redressé, je le présyume par deux maîtres sévères: le : monde et le temps, qui l‘en-| seigneront en le chàtiant. | Cette conclusion sera salu. taire autant qu'elle me parait inévitable: [erci, mon oncle, repartit le jeune homme ayec amer- tume*Le pronostic et le sou- hait que vous m'adressez ne ne sont pas sans valeur, tout en n'étant pas absolument chrértiens ! . Yorick, taisez-vous lui ré- pondit madame Darvis. Vous abusez étrangement de la tolérance avec laquelle mon frère vous écoute parfois. Oh continue-t-elle en s‘adressant | au prètre, si mon bienraimé | Charles s'était permis par-| eille chose envers vous, Sé- | rans, j'aurais eu au moine assez d‘autorité sur lui pour l‘amener à en rougir, | FU pour madame Darvis. Je sais, celui du jeune homme, mais l'oeil de | ment tantot sa mère, tantot son frêre ; | | elle avait saisi la main de ce dernier : s'abondonner à l'influence des caresses | | de sa soeur qu’à celle de soy oncle. | point me draper days mon duble | de formuler i} n’y a qu’un 1ustant. J‘ai | ceux qui les pratiquent. Un oubli de elle doit être. J'ai 6 é inconvenant à | Yorick, par une souffrance propor- | net'appartenais pas? ver rougis de rien‘ reprit Yorick; c‘est probablement ce que vous voulez ajouter, mamère? Ilest vrai que je ne rougis pas de toutes les fautes dont. vous m'accusez sans cesse ? | Je n'ai pas cette pudeur de jeune fille. Après tout, le plus évident de mes torts est, sans contredit, celui de n‘a- voir jamais, dans aucune oc- casion, Îe bonheur de vous plaire, Mon frère Charles, tout au contraire, Celuj-là loco soe —Un brave et digne garçon, | que tu aimes de tout tou cœur mauvaise tête, repartil vive- ment l'oncle Sérans, en cou- pant court une phrase qui menaçait d'être bJessante continua-t-il, moi, je sais combien tu chéris ton frère, en dépit du seutiment con- traire que ty montres àtamère par calcul, et afin de la dé- soler, C’est mal, Yorick, fort mal. | : M Lérans, le fière de madème Darvis, | | avait appuyé, ea achevant sa phrase, la maia sur l'épaule de Yorick ; il cher- chait à plonger son doux regard dans celui-ci se détournait du sien, proba- | blement afin de n'êire point tenté de. , céder à l'influ-nce magnétique que | l'expression tout à l1 tois tendre et. | protonde du psê.re excrçait quelque- F “ SE rt | privé des caresses de ma mèr:, des fois sur lui... | Finis donc, dit-il à Hé ène, qui s'était, ainsi que Charlotte, fautilés prés du jeune homme dè; l: comment de ce triste colloque. La petite fille regardait douloureuse- et l'avait portée à ses lèvres. _Finis donc, Hélène ! Laisse-moi, dit Yorick, qui ne voulait pas plus Mon neveu, lui dit-il, je ne veux utre d’oncle et de pré.re, pour éviter de répondre au reproche que iy vieus remarqué, qu’en géaécal, les gens qui secouent facilement le joug des lois chré isnnes, sont ués-rigoureux pour la part de ces derniers leur apparait comme ua crime tandis que la mêine faute accomplie par eux est à personne. eux ne faisant pas, disent-il, profession dètre chrétiens ! Vous piait-il de trou- yer cela juste, mon ueveu ? Ea aucune façon, mon oncle, ré- pondit Yorick. S:ulement, vous posez la question tout au rebours de ce qu’- votre égard, j'en tombe d'accord, mais par ce fait je n'ai point, il me semble, manqué à {a charité. Ni moi non plus, ente disant que les enssignements que nous recevons de la s2cié:é et du temps ne sont pas gratuits ; nous les payons toujours, | tionné: à la valeur de la leçon qui nous est faite; ensuite, je t'ai fait un compliment en voulant bien supposer qu'une épreuve quelconque pouvait corriger ou modifier ta paresse, ton caractère 1rascible et jaloux, leg bons! | coeurs étaient seuls susceptibles de s'améliorer dans }3 mauvaise fortune, | | dont les coups pervertissent quelque- | fois ceux qui sont més mauvais, : ou qui ont contracté de bonne heure des vices... si | À cet instant de la conversation, | M. Darvis ouvrait la porte du salon ; | il élevait en l'air une lettre qu'il tenait à la main, La cachet en était brisé, | Q père 1 s'écria Charlotte, qui re-| connut de suite l'écriture de À im !| O père ! que c'est mal de nous faire | attendre ainsi une lettre de Charles ! | 1] y 2 au moins une demi-heure, je gage, que le facteur a sonné à la! grille. Une lettre de Charles ! passe-la-moi, | Darvis, dit la mère d’une voix joyeuse | en étendant Ja main vers son mari. | Celui-ci refusa de se dessgisir de la lettre. Elle est bien de Charles, dit-il à sa | femme, mais, ma ‘chère amie, je ne | puis me permettre de te la donner, attendu qu’elle est adressée à Yorick. Le jeunne homme devint rouge comme une pivoine, en écoutant la déclaration de son père. | Madame Darvis lança un coup d'oeil de reproche à son mari. Pourquoi, mon ami, lui dit-elle, as- tu décacheté cette lettre, puisqu'elle En effet, mon frère, ajouta M. Sé-| rans, votre droitflégitime, dit-il, en ap- puyant aur le mot, demande quelques modifications dans l’exercise que vous L'IMPARTIAL + he Tandis que moi, je ne) devez en faire; je regrêtte vraiment que vous n'ayez vas la même manière de voir que moi à ce sujet. Et moi donc, mon oncle, dit la pe- tite Hélène d’une voix chagrine, j: le regrette encore plus que vous ; Yerick est fàché.,, Il lit sa lettre tout bas, Fi ! que c’est villain ce que vous avez fait, apa ! Oh ! si la lettre avait £té adressés À à Charles, murmmura Yorick. Je l’aurias ouverte de même, mon- sieur le susceptible, répondit M. Dai- vis tout court ; est-ce clair ? J: pléisantais, repartit Yorick un peu confus. Maman, ajoutati], écous tez donc la lettre de Charles; elle | s'adresse en 14.li6 à tous ceux qui sont réunis ici. M. Darvis secoua la tête. J1 a'lait tépondre ; un regard suppliant de M. Sé-ans l'en empè”ha. Yorick commeng: sa lecture ; * Ea dépit des plaisirs de toutes snr- tes que j: goute ici, mon cher Yorick, je commence tré : fortement à regretter d'avoir pas 6 entigrement mes vacan- ces loin de vous tous. Les plaisirs, : mon bon frère, peuvant se trouver en dehors de 11 famille ; le véritable bon- heur n'est positivement qu'au milieu d'elle, Ainsi donc, ne cnserse aucun souci de la privation que mon Fê e à cru devoir t'imposer dans ton in'érè, ay ré: lé hec que tu as éprouvé en pa:- sant ton premiey examen de droit. “Le plus grand agrément de mon voyage sera sans contredit le récit que je compte vous en faire, J'ai dit cent fois, depuis mon départ : j: leur dirai ceci, puis cela, etc , en ré 1lité, j+ | note mes souvexirs pour vous-seul: ; s’il fallait me taire sur telie ou telle impression que je ne regarderais plus flgn : je pense sans Vous, mails vous êtes toys le comp} ment de ma p2nté . Je me sens tout maïheureux d êtr: tendres soins de la sœur Charlotte, la colombe du zid, ainsi que tute plais à la nommer ; tes repariies me mar- quent ; je voudrais réfuter l'esprit de mon père et entamer une controverse à logique seré: avec l'oncle Sé &ns ! Cher ongle, si rigide pour lui! si to- lerant pour l:s autres ?.....Il n'es’ p s jusqu'à ma petite Hélène dont 1 ab- sence ne me soit un Chargin. Figutez- vous que j ai rencontré son portrait | vivai£ dans la personne d‘une jeun: hlle anglaise, dont les parents ont 1 ué pour la saison une jolie villi aux en- virons de Bordeaux, Mômes cheveux blonds, grands yeux noirs, bouche ma. licieuse, tout y est, jusqu‘au j2li nom 4‘Hé êae qu‘eile porte égaieruent com- me notre sœur, Dans le but d‘entrer en communication avec ce'te petite miss, dont la vue m'est aussi agré 1b'e qu'un souvenir de famille, je lui off.is de porter son cerceau pendant |: temps qu'elle voudrait sauter à li corde dans les allées de Tourny, ou nous nous trouvions tous les deux. Maderoiselle, lui dis-ie en lui ren- dant le cerceau, voulez vous bien me payer d: ma complaisance ex me pré sentant à votre mère, afia que je lui fasse mon compliment sur le bonheur de gosséder une aussi charmante cen- fant que vous paraissez l'être. Les parents d'Hélène s‘approchèrent de nous enentandant ie son de leur idiome national ; noug échangeame: ensemble quelques phrases, et l'attrait des deux coté: fut assez réciproque pour nous engager les uns et les autres à prendre ün ren@ez vous pour le (a continuer} + VARIÈTES. her... L'Empire du Maroc ne pos- sède pas un seul Journal. Ji est question, en Espagne, de confier aux religieux la di- rection des prisons. On vient de découvir sur l'emplacement de l'antique Al- exandre, les tombeau de Cléo- patre et d‘Aleyandre l& Grand La Grèce est devenue républi- caine Le roi George a volon- tairement ahdjqué, comme Dom Pedre au Brésil, et la révolution | s’est accomplie sans bruit. La Russie, d’après le dernier recensement, a une population de 1000,000,000 et seulemeut 153 jeurnaux. Cela fait un con- traste avec les Etats-Unis qui ont une population de 65,000, 000 et comptent plus de 20,000, WW ASTED A coat maker Täiberal wages will be given to the right œan- Apply to D. j. Dojrox Bloomfeld, 12 July ss ne RAA enr niet spa annees rer AN AWFUL FATE, Tourist (who has fallan over precipise and has been hanging by branch for twenty miuutes)—[T can hold out nu longer !_ Good-by, wife — chiliren -— friends, Ah, ‘’tis horrible to fini a waterv grave in this lonelv sjwt ! {Orops.) Tourist (as he strikes bottorm)—VWell, J'll be hanged ! —l'ucs. A Jèure Troat, ##Don’t you think Baunzars pluring on the piano is a rar treut?” “Yes, if you mean it is not well dure.” A Vuuable Fointier, 41 know how to suscecd on We] street,” ‘Give us the tin.” ** Keep out of it.” nn A Diplomat, Gladys—Do you adnure black eyes or blue? Aliar—The light is sa dim here, 1 really Cau't say. T7 Jiuch iiecr, She—“Then vou ure not partial ta Bach's compositions ?” He--**Well 1 inust confess I have à fandness for his heer.”’ Courson, tre Widow., Parson VW nuu,suvodle Baxter, ‘“Sistah Snowiluac, Yer suouldu’t go on dar way auout tue QuË Où Furv late nusbaud, Re- aetmber how uv béiter Of he is How ke is eau.” **Dit's imvant &s 4 disreproach for me, Es dut tue way You consoies de widders gnd crphansé Gt out nigger, ’furv I Bsuids jou,” retor.cd the dusiy wiuvw, A Mein ©]d Man. It was at the breakfast table. ‘Youwre brother Hob's uncle, aren’t pou,” said the simill girito the wealthy old jentienun, who was ina«ing à Visit, Yes, indevd,” vus the heurty reply, ‘là iike you real well ouly for one jhins."” ‘What is that ?” “IT don't think is right for you ta keep his watch so muca of te timo.” —_ American Assurance | PRE Blum & Jersey Farmer (to newly-arrived city border —Gosh ! ef there hain't a mos- guito. Fust ons l’ve secd around, Érought it with ye, 1 s'pose ! —]J'ucx. In,untile Wisdvu:n. It was Miss Laura Nelson, the Little Hsuçhiter of the cdftor ef tho Kansas Etty Ster, who recontiy gave expression © a ‘imc!y and di-crimatiug truth. #"Toil me, my dear,” aszeû her mother ipon their return frorg à day ut the World's Fair, ‘what did you most enjoy the Fair to day?” The chaire, said little Miss Laura, Extreme Provocation, EE DU NE 7h Judge Sweetser—Didn't you promise to love, cherish and protect this woman? Mr. Collingwood—I did, sah; but when she done took ’n let d’ babe fill mah eur ful}'r water an’ sail poan: : sheils in it afore 1 weked up in d ma mu’, Euelshed je y liddie, + LE — , tlern le ur: - e— = — CCS A #- - Tommy—Say, ap, waere'd that cak git all them kittens’ Papa—Tne Italian man brings them. Tommy—Weil, why in thunder don't he bring a goat once in a while? —Judge. ÿ Just Pride. #1 guessthe day for me to be oa trp is past,” soliloquized the battered Deri:v hat in the ash-barrel, ‘but even na“ I am no slouch, and never will be, See?? Certain Enjoyment. ; “I suppose Ridgeley is enjoving hi gottage at the seashore very much.” - “Well, I should smile. He's getting 4 fabulous rent for it right along.” _— ' << Accounting for LA Banks—kRivers, how do you supprse that wonderful bird the phœmix, ver caught fire ? Rivers—Probably from a defsgtiva flew, | Commendeble Caution, De Sappie—ave a cigurette 7 Caustic— No. 1 dont smoke ‘‘faol killers.” , De Sappie—Neithep would F if I werg zou: Tr A l'ainful Subject. Mr. Shartcash—1I shall feel grentlv honored if you will accompanv me 1Qq the theatre this evening. Miss Benutr — With pleasure, What is the ll to- pisht? Dr. Shortcash (abseut]y)— Abou —ten—dollars. Atthe Madhouse Visitor— Who is that disnified, stately man with the whie side whiskerx 7 Keeper—Ile u-ed to be the ediior of one of our great duailies. Visitor—Ah. in ‘eed ! he ocenpy his time here? Kecper—Writiu. prose pastels, And low ducz — Another Considerntion, Anxious Mother— Why don't vou drive that bad boy away from vour p'ar- ground ? Good Little Bo:—1[t wouldn't be ri ht, “Wonidn't it ?” 3 “Nom. You s<ce, that public property,” “Oh, #o It 15.” “Yes m, And it would be sort of salf- i-h and dishonest to deprive ay otser buy ofthe right to :o there.” “So it would, my angel. J] didu'é think ef that.” ‘Yes’, A: bexides ho çaa lick playgrouud is me. A Atthe Werlid's Flair, First Esquimau— What do vou think of the cost of livinz; here Second Esquimau—1t’4 ahout a3 brou asitis long. What we send on whale oil c cktails at home, to keep us warm, we must lay out on ice creum here tg keep us cool. _—World's Fair Pygls Aux FERMIERS J'ai tout qu'il faut en fait d’Instruments aratoires : Charrues, Herses, Cultivateurs ete, FERBLANTRIE de première class- GROCERIES Un bon stock de thé, sucre tabac, etc- etc: Fournaises les meilleures dans le MARCHE, ES N oubliez pas qu’en venant ache- ter à mog magasin, vous souverez de l'argent. A. .J, Bernard, TIGNISH, I. P.E, juin 22’ 93. MONEY Enijyuie saxvue LAMEY eLautAne references. BTAN of offers. Steeciy TANDARD FASHION Go. 55 We 40 80, Mon York ES -