saccadée, très bas, il répéta le mot anglais du texte: "Missing". Et puis, silence! Toute la famille fut ä genoux pour réciter un chapelet; et un autre chapelet,.. Dans ce temps d’abanäon crucial au Maître de nos destinées, le chrétien trouve sa force ä genoux. Dans la suite, le choc émotionnel contrôlé, jamais je n'ai entendu un mot de plainte ou de critique sur les lèvres de mon père. Que le sien soit tombé outreümer, et que d‘autres européens viennent séjourner longuement sur l'île, était un fait que devait porter mon père (comme bien d'autres), à se poser des "pourquoi"?..‘ Mais, intérieurement, seulement; sa foi ne lui permettait pas de discuter avec les causes secondes qui lui plantaient le glaive en plein coeur: c'était Dieu qui lui redemandait un fils, un fils ä prêter. lui De même, ä l'heure desgraudes séparations, lorsqu'un enfant partait définitivement de la maison: même sacrifice consenti dans la joie, joie austère du fait chrétien. La douleur de Voir partir pour toujours un de ses enfants qui a coûté si cher est profonde au coeur des oarents. A voir couler dee larmes sur les joues de Papa, je mesurais mieux sa peine, lui qui, habituellement, était si maître de ses émotions. Après le départ, il se rêfugiait dans le silence: "Citadelle des forts", a«t«on dit. Quelque prière secrète devait monter vers la bonne Providence pour le bonheur et la protection de cet "oiseau" envolé du nid, Sa prière- Comment priait mon père? Avait»il un Becret pour retirer une efficacité si tangible de ces moments de prière proprement dits? A l’église, rien ne le distinguait des autres paroisoiens, si ce n’est peutuêtre, avec sa haute stature, la concentration d'eopriï ou manifestement, il paraissait plongé, les yeux rivés sur son gros missel... aux feuillets minces et jaunis, au caractère minuscule, amputé d'une fie ses couvertures, et en latin, bien sûr! A voir Papa, durant les iutermiuables "Lamentations" des Jours Saints de jadis, suivre dans con gros missel, des heures durant, attentif comme un moine! tout au long de l‘office, on aurait pu croire que Papa entendait le "latin": Vu la distance qui nous séparait de l'êgliso, c'était ensemble seule— ment qu‘il nous était possible de suivre les exercices liturgiques et de recevoir les sacrements de Pénitence et d'Eucharistîe‘ Ce qui me fraopait, quand j’était jeune, c‘était l‘esprit de Buavitê qui planait au foyer ces jourswlâ. Mon père participait lui aussi, ä l'épanouissement de toute la famille: c'était une atmosphère toute renouvelée de joie 8ereîne, d‘êchan« ges fraternels plus spontanés. Probablement que les rencontres<kaparents et d'amis, sur le perrou de l'église, contribuaient ä la détente psycholo« gique de tous]; Quand quelque parent e‘invitait ä dîner, la joie était ä son comble! Surtout Quand une charmante cousine êchappait ä l‘attention