Tr eue Georgette aux Champs Mile Georgette, une grande fille de huit ans, va quelques jours à la campagne chez sa ncurrice, avec ses frères Alfred et Ernest, de douze et quatorze ans. Papa et maman, des com- mercçcants très occupés, ont pro- mis de venir les rejoindre le sa- medi suivant, afin de passer le dimanche tous en famille dans Ja saine verdeur des champs, au bord de Ja ravissante rivière l'Eure : Les enfants sont toujours les bienvenus à la ferme du Mesnil, où on les gâte eu satisfaisant leurs fantaisies les plus dérai- sonnables. Chaque fois qu'ils débarquent du chemin de fer à la station de Villemeux, ou les attendent la grande Jeanne et le père Philippette, celuici ne manque pas de saluer Georget- te de cette phrase invariable- ment la même : “Ah !'ben!en v'là une gen- tille demoiselle ! Fera bon ne par avoir les yeux dans la po- che quand elle aura vingt ans.” Cela fâche la petite. Elle s’ac- croche au bras de la paysanne en deraandant : “Dis-moi, Jeanne. je suis donc bien laide maintenant, pour qu'il parle du temps où je serai vieille.” Seanne ritet la console, car Mlle wxeorgette est très fière de sa belle mine, de ses cheveux frisés, de ses yeux noirs aux longs cils, de sa frimousse es- piègle, de l’ensemble enfin de sa mignonne personne Ses pa- rents nourriCiers en sont aussi fiers qu’elle, et ne manquent ja- mais de rapporter d’une si gentille venue au :ait de la Mariette et au bon air du Mesnil. Le premier jour de son arri vée, Georgette troque ses ha- biis de Parisienne contre des vêtemenes petite paysanne faits exprès pour coatenter son ca- price. D'abord elle tient beau- coup à être comme sa grande Jeanne, sœur de sa mère nour- rice, et qui l’a sisouvent por- tée quand elle était “baby” ; et puis, elle a le sentiment de l'harmonie très déyoloppé, mal. gré son jenne âge : celalui pa-! rait up contresens de courir les champs en robe de ville. C’est ie grand moment du travail à la campagae ; les foins se coupent, et les gens de la ferme sont fort occupés ; les enfants restent le plus souvent sous la surveillance du grand- père. Philippette, qui les pro- mène et les distrait. Mais Geor- gette n’est jamais de l'avis du vieux bouhomme, et elle se fait de lui la plus triste opinion. Un certain jour surtout, un samedi où tous jes les les habitants du Mesnil sont aux foins, le pay- san se montre particulièrement stupide. La matinée s’est passée assez agréablement à s'amuser autour de Ja terme ; l’après-mi- di, il leur propose de les con- duire jusqu'aux faneurs à tra- vers boir et prés. Les trois veti- ts Parisiens se montrent ravis. Georgette principalement. Com- me ils longent un champ de blé, le plus beau que vous ayez jamais vu. le père Philippette brande la tête d’un air profon- dément afligé, tandis que la ga- mine bat des mains et s’écrie Joyeuse : “Alfred ! Ernest ! voyez donc le joli champ'!le joli champ! on dirait un parterre ! —Ah !'oui!ali!oui!, le vi: Ra l'honneur rt re EST sp en, one RE UN L'IMFARTIAI,, JEUDI LE 18 AOUÛUT, 1898. Madame Samuel Dubois terriblement méprisant sur le chef piteux du bonhomme, et continue à admirer le pauvre champ méconnu. Figurez-vous, sur un fond d’or blond, une splendide broderie de coqueli- cots et de hlenets, un vrai bou- quet tricolore où le rouge et le bleu dominent et se marient dans le plus gracieux effet au jaune pâli des épis de blé. On arrive au bord de l’autre, qui coule paisible et molle entre des rives fertiles. Et Georgette se trouve de nouveau transpar- tée de plaisir, car ils traversent un pré à l'herbe plus drue et plus haute que partout ailleurs, où d’espace en espace de super- bes tiges aux feuilles longues et pointues retombant de cha:- que côté en des courbes gracieu- ses, montent droites au-dessus des autres. On dirait des cierges avec leur tête fine en forrae de flammes. “Ah ! cette fois, 5ère Philip. petto, vous ne direz pas qu'il est vilain, ce pré La belle her- be ! —{Ca, me petite, c'est de ‘“]la” poison ! de “la vraie” poison ! Mais non, père Philippette, ce n’est par du poison, réplique Alfred, ce sont des roscaux, c’est très d'écoratif, voyez, des ro- seaux-balai… — Et je vous dis, moi, que le pré “il” est empoisonné par cet- te peste-là. Croyez-vous m'en remontrer : Vous n'ayez point encore assez de barhe au men- ton, mon petit homme. —Le pré empoisonné ! 1] na pourtant pas plus mauva'se mi- ne qu'un autre ;” 1é6pond la vive Creergette de plus en plus api- toyée sur la sottise du vieux Mais celui-ci hausse les épau- les et murmure : ‘Les enfants, c’est les enfants! ça ne sait pas. Tout de même, faut pas tant vanter ceux de la ville, pour des Parisiens, ils sont fameusement nigauds. No- tre Marthe est bien jeune enco- re, cependant elle ne dirait ja- mais autant de bêtises ; elle connait de suite ce qu'est joli et ce qu'est vilain dans nos champs.” Les veilà engagés dans une sente si étroite, qu’il faut mar- cher à la queue leu leu, le long d’un bois, et Georgette, qui s’a- yance en tête, s'arrête soudain let s’écrie en étendant le main : “Régardez ! ja belle petite bé- te ! Qu'elle est mignonne ! Père Philippette, si nus pouvoins ‘attraper ! —Ah 'pour ça je ne uemande pas mieux, répond le bonhom:- me, i‘attr:per et la tuer me fe- rait un grand plaisir. —La iver!fi!le méchant ! un si gentil animal ! Vous ne l‘avez pas bien vue, père Phiiip- pette, elle est longue de corsa- ge et mince, un museau fin, des mouvements si vifs elle est lé- gère comme une plume que le vent emporte. — Pas ça, pas ça réplique le vienx qui ne raconnait pas le portrait. C’est une belette, une vilaine bête qui a le diable au Corps car el:e por- to malheur. Prenez garde à vous aujourd'hui... —Père Philippette, ne me faites pas peur, crie Georgette. | Du reste, je ne vous crois pas, ajouta-t-elle bravement, je ne suis pas superstiticuse. —Ah ! oui les enfants des villes, ça ne croit plus à rien !” Mais Georgette ne l’écoùte pas. “C'est une belette, avez-vous dit, père Philippette ? reprend- |elle ; ah ! bien ; je suis contente [rivèrent au lien où travaillait la 'entre ses mains briller des lain champ, vous voulez dire, de la connaître, car j'en sais vilain 1l l’est pour sûr : difficile d'en trouver un pire. C'est de “la” poison ! de “la vraie” poi- son !” Que l'oncle Charles a raison de dire que ces canpagnards n'ont pas le moindre goût, la plus petite disposition esthéti- que. Georgette lance un regard long sur son compte. Voulez- vous que je vous raconte l’his- toire d’une belette ? —Tout de même, racontez.…..” Alfred et Ernest s'étaient é- lancés dans le bois à la pour- suite de ia bête, l'enfant et le vieillard restaient seuls, La pe- tite commença : Du palais d’un jeune lapin Dame belette un beau matin S'empara : c'est une rusée. “Voilà qui ne me surprend pas de sa part, s'exclama le vieux, car pour une rusée, c'est une rusée, la coquine ! —Ne m'interrompez pas, père Philippette, écoutez jusqu'au bout, sans cela Je ne pourrai pas me rappeler.” Le paysan se tait, approuvant de temps en temps d’un hoche- ment de tête. À la fin il dit : “La belette maugée, c’est bien fait ! je suis content de ça : mais le lapin ne méritait pas. C’est toujours ainsi avec le pau- vre monde...Le chat les a tous roulés, ah \ ah ! ça ne m'étonne pas ! Gredin de Grippeminaud, nn L'enfant des villes et l’homme des champs s'étaient réconciliés en La Fontaine, et quand ils ar- graude Jeanne, ils devisaient sur les ma.heurs de Jean Lapin en vrais amis. Georgette joua quelque temps à la faneuse, se roula dans l'herbe fraîchement coupée, cro- qua à belles dents le pain et les noix apportés à son intention, puis songea à petit père et petite mère qui devaient venir le soir même, et elle chercha comment elle pourrait fêter jeur arrivée. Un bon petit cœur, cette Geor- gette ! et la plus charmanie fil- lette de son âge, si elle n'avait pas tant pris plaisir à se savoir jolie et à se sentir a-lmirée. Elle pensa combien maman aimait les fleurs des champe, et la voi- là commençant un bouquet où es grandes marguerites au cœur d’or se mêlent aux myo- sotis, grappes d'étoiles bleues, blanches, roses. Elle y ajoute de 'ong brins d’herbe menue aux ramules délicates comme da fines aiguilles, :e qui donne au bouquet une apparence de légé- reté et de grâce. Vers six heures, Jeanne re- prit le chemin de la ferme avec la filette, en côtoyant ie bord de l'Eure, et un pré immense où l: s hautes graminees ondulaient en vagues sous la brise du soir. La journée avait été si chaude et si bieu rempiie, que Creorget- te, un peu lasse, se iaissait sage- ment conduire par la main, car on craignait quelque étourderie si près de l'au. “Enfin, s’écrie tout à coup l'enfant je voudrais bien savoir où sont passés le père Philip- pette et mes frères. —Tiens, dit Jeanne, regarie là-bas qui nous fait signe ?” Georgette lève les yeux et a- perçoit sur la rive opposé le vieux paysan qui, de l’eau, tire des nasses, et une longue ‘“ar- raignée’”, sorte de filet qu'on pose au fond de la rivière pour attraper le poisson. Le visage de l'homme exprime le contente- ment, et la petite fille peut voir é- cailles argentées. Elle cri, élevant son bouquet qu'elle désire faire admirer : “Eh ! père Philppette, Ernest! Alfred ! Voyez les belles fleurs que cueillies pour papa et ma- man —La belle avance ! répond dédaigneusement le pêcheur. Mest avis qu'une bonne fritnre leur donuera pius d’agrément.” La petite voudrait bien prou- ver au vieux que ses fleurs va- lent les poissons ; mais Jeanne est pressée, elle l’entraine, et continuant sa route, l’enfant ré- fiéchit. “Il a raison, le père Phi- lippette, un bon diner c’est bien agréabie quand où descend du train et qu’on a grand'faim.” Ses fleurs lui font pitié, elle a presque envie de les jeter ; mais non, elle songe que maman en cueille toujours quand ils vien- nent à la campagne ; elle les mettra dans l’eau ce soir pour les garder fraiches, et elle les emportera demain à Paris où ou Apres des annees de souffrances 2 est completement guerie par les Pilules Rouges du Dr. Coderre. Les plus glorieux succes et los gueri obtenues par les Pilules Rouges du Dr: sons les plus surprenantes sont Coderre. De toutes les parties du Canada et des Etats-Unis, les guérisons obtenues par les Pilules Rouges du Dr. Coderre, augmentent. Nous avons des milliers de certi- ficats qui nous sont envoyés par des femmes guéries, ce qui prou- ve que les Pilules Rouges du Dr. Coderre guérissent. Nous avons des certificats de jeunes filles, qui a peine entrées dans la vie se voyaient dépérir, et qui ont pris les Pilules Rouges du Dr. Coderre et qui se sont guéries. Nous avons des certificats de jeunes épouses, qui pendant des années, ont souffert du beau mal et des maladies particulières aux femmes après que les médecins n'ont pu les guérir, elles ont pris des Pilu- les Rouges du Dr. Coderre, et sont aujourd’hui, heureuses, fortes et bien. Nous avons des certificats de femmes âgées de 60 à 70 ans; ces femmes étaient faibles, nerveuses, ne pouvaient dormir, souffrant Ces maladies, suites ou reliquats du changement d'âge, ces femmes ont aussi pris les Pilules Rouges du Dr.Coderre et se sont senties devenir fortes et bien, comme autre- fois. Nous publions aujourd’hui le témoignage et l'adresse de Mde. Samuel Dubois, qui dit :— “ J'étais bien faible “€ et souffrante lorsque j'ai commencé à prendre les Pilu- “ les Rouges du Dr. Coderre. Pendant huitans j'ai “ souffert du beau mal, leucorrhée, douleurs dans le dos, ‘€ et dans les côtés, douleurs dans le bas-ventre ; j'étais “ toujours constipée, je souffrais toujours du mal de ‘tête, j'avais de fréquents étourdissements, j'étais très- “ nerveuse, palpitations de cœur, toujours les mains ct “ les pieds froids. Il y a un an j'ai eu les fièvres typho- “ jdes et la diphthérie; je me fis soigner par les deux “ meilleurs médecins d'Ottawa, ilsne semblaient pas “ comprendre ma maladie, car ils ne me firent aucun “ bien. Une amie me conseilla de faire usage des Pilu- “les Rouges du Dr. Coderre : j'ai écrit au médecin “ spécialiste, lui demandant des conseils, il m'en donna “ un grand nombre que j'ai suivis à la lettre, en prenant « Jes Pilufes Rouges du Dr. Coderre ; aujourd'hui je “ suis grasse et parfaitement bien. Ce témoignage est “ donné en toute vérité, car c’est bien vrai que ce sont “les Pilules Rouges du Dr. Coderre, seules, qui on: ‘ guéri toutes mes maladies. Je vous permets volontier, “ de publier mon témoignage et je vous envoie mon “ portrait, Mde SamuEL Dugois, Spanish River, Ont.” Le certificat de Mde. Dubois doit être suffisant pour bien faire comprendre à toutes les femmes qui souffrent qu’elles peuvent aussi se guérir, Si elies sont aussi sages que Mde. Dubois, qui a fait usage des Pilules Rouges du Dr. Coderre et qui a consulté notre médecin et qui a suivi ses avis et qui s’est parfaitement guérie de toutes ses maladies. Nous ne publions jamaïs le portrait et le témoignage d’une femme, sans son consentement. Le portraitet l'adresse, sont toujours ceux qui nous sont donnés en même temps que son témoignage. S'il arrivait que pour cause de déménagement, vous ne receviez pas de ré- MADAME SAMUEL DUBOIS. ponse en écrivant à ces femmes, Écrivez-nous et nous ferons tout notre possible, pour vous mettre En commun) Cca- tion avec elles. Les Pilules Rouges du Dr. Coderre sont une spécialité pour les maladies de femmes, seule- ment ; c’est pourquoi elles guéris- sent le beau mal, la Jeucorrhée, douleurs mensuelles, tiraillements dans les hanches, douleurs dans le bas ventre, constipation, mal dans le côté, mal de reins, mal entre les épaules, paipitations de cœur suivies d’affaiblissements, brûlements d'estomac, mauvaise digestion, étourdissements, NETVO- sité et toutes les maladies du changement d’âge,bouillonnenient du sang, froideur des pieds et des mains, enflements des jointures, ‘Les Pilules Rouges du Dr. Coderre aident beaucoup à la formation des jeunes filles. 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Donnez votre adresse complète, afin d'éviter tout retard, Adressez : Cis. Chimique Franco-Americaine, Boits 2306 Montreal, et les aime tant, et où on les achète |! man, qui connait tout, pourrait aussi cher que le poisson du le lui expliquer ; mais sa langue père Philippette. refuse de prononcer les mots Puis comme Jeanne a ri de la | que son petit cerveau lui sug- répartie du vieux, Georgette se gère. Sa tête fatiguée se pose sent humiliée, car elle comprend doucement sur l'épaule mater- que la paysanne a les mêmes ie. nelle, et elle se voit entourée dées que le grandpère. iors | d'une mer immense dont les va- très gravement, eile explique à gues de coquelicots et se dont son amie combien les fleurs sont | bleuets la bercent, pendant que précieuses pour les habitants les belettes aux nez pointus Ja des villes, et qu’un bouquet |contemplent avec des yeux comme celui qu’elle tient vaut pleins de malice. Bientôt un beaucoup. beaucoup d'argent. |souflle paisible et régulier ap- “Ah! hen, réplique Jeanne, | prend que Mlle Georgette vient on peut en venir chercher ches | 0e Partir pour ie pays bleu des nous ; n'en manque pas pont JEAN MAURICE. rien, La peine seulement de se) baisser pour les ramasser.” Nursery Stock Agents ! Quand papa et maman arri- Books Agents ! vent le soir un peu tard, Geor- g R \ pe ; | HET 1 f à gette, très lasse de ses courses à Ag icultural Implements Agents ! à travers champs, a bien de Ja peine à se tenir éveillée jusqu’à | Or anyone des ring to better their po . ; | sition and increas: their income should la fin du repas. Mais elle triom- | write us. "The demand tor home-grown phe, car si l’on mange avec sa- Nursery Stock is on the increase. We ; - : | need more men. It you want steady, pay- tisfaction le poisson frais, on a ing work, write us. fait un accueil empresse au We furnish all supplies free. beau bouquet de marguerites au! 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