10. Quelle a été votre impression de Fanningbank, la « résidence officielle » du représentant de Sa Majesté à l'lle, et qu'étiez-vous alloués de faire? Mme Bernard - La grandeur de la résidence officielle me faisait un peu peur parce que si j’étais en bas et Léonce était en haut, c‘était aussi bien que j'aille lui parler en haut. Ce n’était pas utile de crier après lui; il ne m’aurait pas entendu. Quand on était seulement nous deux, on réalisait qu’on n’aurait pas besoin d’une si grande maison que ça. Puis, c’était la manière que c’était arrangé. ll fallait se servir de toute la maison, même s‘il y avait parfois seulement nous deux. On n’avait pas vraiment un appartement privé. La chambre à coucher était en haut, on avait un salon en bas de l’autre bord de la maison. et la cuisine était d’un autre côté. On avait une petite salle à manger privée à côté de la cuisine. ll fallait faire le tour de la maison. Alors. un petit appartement pour nous aurait suffi. On n’aurait pas eu besoin de se servir du reste de la maison quand on n’était que deux. On nous avait bien dit : « La maison est à vous autres pour les cinq ans >>. Je pouvais donc faire des changements. Je pouvais changer ou enlever des objets qui se trouvaient sur les tables ou placer de belles nappes qui étaient serrées. Même une fois. il y avait des rideaux qu’ils auraient voulu enlever puisj’ai dit « non » parce que je les trouvais beaux. Ça n’aurait pas fait de bon sens de ne pas en avoir du tout à cet endroit-là. Tout était très beau à Noël à Fanningbank grâce a Béatrice Caillié qui est venue tous les Noëls, et aussi quand les gens de la revue Canadian Living sont venus. Là, il n’y avait pas beaucoup de décor. mais elle en a fait surtout pour la salle a manger ou le repas de Noël allait être servi. Et, puis, elle en avait mis un petit peu dans la cuisine. M. Bernard - Autour de Fanningbank. tu n’es jamais obligé de faire de petits travaux. Si tu veux faire laver ton auto ou faire faire d’autres choses, quelqu’un peut le faire pour toi. Tu peux rester à la maison et rien faire du tout parce qu’il y a des personnes qui peuvent garder après tout ça. Mais moi, de temps en temps, ça me disait d’aller laver mon auto, d’aller dans le jardin ramasser des légumes pour le repas, de faire du jardinage. Certains matins, avant l’arrivée des employés, j’allais pelleter les entrées et les marches. Et, s’il y avait de petits travaux à faire dans la maison tels que changer des ampoules ou faire de petites réparations en plomberie, je les faisais. PAGE 26 LA PETITE SOUVENANCE Je n’étais pas obligé de le faire. Florence en faisait bien plus . que moi, parce qu’elle aidait dans la cuisine. Mais, on était Ë libre de faire ce qu’on voulait. Par exemple encore, il y avait 3 un petit jardin. Il était cultivé par des jardiniers mais j’y’ allais pour désherber et j’ai même utilisé cette machine pour travailler le sol qu’on appelle un cultivateur. 11. Quels sont vos souvenirs de l'ouragan Juan qui apparemment aurait fait beaucoup de ravages autour de Fanningbank? M. Bernard - Ça, c’est un événement qui nous a fait peur. ‘ Bien sûr, Fanningbank est une très grande maison sur le bord de l’eau, Les chambres qu’on avait en haut sur le deuxième plancher faisaient directement face au vent de l‘ouragan. J’avais même pensé ce soir-là que nous pourrions déménager en bas au cas que la maison tombe; nous serions plus en sécurité. Florence s’était endormie et je ne voulais pas la laisser en haut toute seule. Alors, tandis qu’elle dormait, j’ai dû passer toutes les fenêtres de la maison pour voir le dommage que cela avait fait. On ne s’est pas aperçu de tout le dommage causé avant le lendemain matin. Si on s’était aperçu, on aurait probablement eu plus peur. On savait qu’il ventait fort, puis il y avait de l’eau qui volait sur la maison. C’était une soirée qui nous a beaucoup fait peur. ll y eut trente arbres ont été beaucoup de dommage à l’extérieur : déracinés! Un de la trentaine d’arbres déracinés à Fanningbank (Gracieuseté de Luc Gagnon, Granby, Québec)