PEL nr mms. satrnse RARE Dante. compnl a LES DEUX SŒURS, Ou sont les petites? dit la tante, en s‘approchant frileusemeut du bon feu de la cuisine. È Eh bien! oui, ajouta M. Mathieu, ou sont donc tes filles, Angélique? Leur absence m'étonne, repartit la mère; elles ont éié tout le jour si im- patientes de cette arrivé”... mais …... VOici ma petite Angê.e. Et Angé e passa des bras de ma. dame Dumont dans ceux de son cou. sin Everard qui, élevé avec ses d-ux cousines, les trainait en sœurs et pro- tégeait surtout la plus j-une, fièe créature, laide avec seize ars, et dont la physionomie souffrante et chagrine p’attirait pas. Prencz, Suzanne dit Gratin en se débarrassant de sa carn: ssière, pleine de gibier, et en la près-ntant à une femme en cornetie cccurée aup is des casseroles, Voiri. quime venge de vos railleries de lan dernier... Ah! maïs, fi-il, je me trompe... Tante Anpsélique, vous avez changé de cuisinière, à ce qu‘il parait,,. Je n€ m‘en plains pas, vraiment, 2j :uta-t-i tout has, celle-ci est une belle fi Le par ma foi... Qui parle de belle fille! dit l’encle; ce ne peut être que Gratien … Un immense éclat de rire coupa 11 phrase de M. Mathieu; deux petites mains potelèes se poièrent sur ses yeux; une voix argentine lui cria, De. vin :,,.,.. et le père, ravi en reconnais- sant s1 fi le ainée CJaire, se saisit des mains mutines pour attirer la belle dégui:&2 plus près des lum'ères. Claire était ravissante sous son cos. tume de paysanne: ses grands yeux bruns, chatoyants comme le velours, s'harmoni:ient avec une bouche fine- ment coupée pour le sourire, les fos- settcs de ses j vues roses dennaïent du Le, we à des traits pleins de charmes et brillants de jeunesse... La petite esp'èglerie qu'elle avait voulu faire à sa famille servait mer ve‘lleusement ss coquétterie. Le savait- elle, la joyeuse enfan ? Peu'-ère non..…., avant l’exclama- tion du cousin. LA franehe admirition de Gratien Everard avait gonflé d'orgu-ij 1: coeur de la mère, et aussi celui de la tante Dumont. Le Compliment adressé à el'esméme les eut trouvées plus hum- blès; mais madame Mathieu surtout jouissait de la beauté de sa fille comm d’un bien légitime dont elle avait le droit de n‘ètre point modeste. Clairette, dit M. Mathieu en pas- sant dans la salle à manger, viens ‘e mettre àtahleen coiffe et en jupe rayée; tu réjouis trop les yeux de ta mère pur la priver du spectacle. Gh! si j‘ai joie d‘un cô:é, j'ai. peine de l'autre, reprit sa femme... Ma. soeur, continua-'-elle, en s‘adressant à madame Dumont, voyez un p°u si Aogéle a voulu seulement se coiffer! +... Depuis un mois je ne saurais vous dire ie nombre d'‘écritures que j at faites et les domestiques que j'ai en- vOjés à Sancerre dans 1: but de m'y procurer les spencers à la nouvelle mode dont je voulais parer mes filles pendant ces vacances, nous les avons enfin reçus hier. Celui de Claire {elle l‘avait mis aujourdhui] lui sied à ravir; mais, je n’ai pu obtenir d’An- gèle la joie d‘admirer le sien Vous con viendrez qu’il est bien triste pour une pauvre mêre de se voir récompensée de la sorte! Allons, allons, ma femme, continua le bon pèrg, elle le mettra demain. N'est-ce pas, ma mignonne, dit-il en fegardané sa fille, tu ne chagrineras plus ta mère? Aussi bien, je ne puis guère te le céler: ta figure est le seul souci de notre maison !.… Cette réflextion qui, dans la pensée de M. Mathieu, avait trait à l'air souf- frante et malheureux d’Angêle, fit ré- fléter sur la figure de celle-ci une ex- pression d'amertume indicible Une rougeur subite illumina son front; sa paupiôre, qu'elle tenait baissée, darda en se relevant un rayon de haine syr sa sœur, assise en face d'elle Ses lévres pèlirent et son regard dou- loureux, en revenant sur son assiette, croisa avec céhti d'Everard, observa- teur muet de ses deux cousines. Ce fait, fugitif comme l'éclair, suit au jeune homme... Désormais, il saurait pour quoi Angèle était triste et mala- dive; et la pauvre enfant compta une peine de plus, se voyant deviné: Le-este de la compagnie navait rien vu; l'esprit de Claire était à son triomphe, celui de madame Mathieu cherchait le moyen d'àdoucir leffet de sa remonstrance, son mari, ayant le même désir, embrassa Angèle qui se trouvait placée près de lui. La tante, pour faire diversion, parie des chemins, : texte inépuisable qui amena naturej- lement la réflexion,è la fin dn repas; voyageuse pouvait avoir besoin du 1809) Gratien anssi était fatigué de PERRET BUILLETON, | = : * zx CIRE T EEE ST Er RER eee grep ee ses exploits à la chasse. La maitresse de la maison conduisit doné chacun à son lit, touchant lee couvertyres bour voir;,si elles étaient épaisses, re- gardant avec soin s' les habitudes de ses hotes avaient éié respectées, et, leur souhaitant une bonne nuit et un doux réveil, elle gagnd elle mème sa chambre à coucher, non sans avoir vu ses chères filles dans la leur et les avoir pourvues de tout ce qui pouyait leur &ê 1e ag-éable ou nècessaire. Les deux soeurs couchaient ensem- ble, dans un Jit tout blanc, faisant | face à une &roite fenetre sans volet, ce qui permettait au soleil de jeter couche virginale. La prévoyante madame Mathieu allumait tous les soirs, dans la cham- bre des jeuncs filies, une veilleuse qui brulait toue la nuit. Cétait à cette lueur incertaine et yacilante qu'elles se déshabilaient et priaient Dieu, fort heureusement pour Angèle, dont les yeux sombres, ce soir, ne pouvaient retenir les larmes. Elle avait à peine commencé sa prère qu'elle se releva subitement ; l'enfant était loyale quoique éza é+ pur une mauvaise passion ; elle s’arré 4 *u mi iieu de J’oraison dominical: : Pardon dez-nous nos offenses, comme nous pardonnons a ceux qui nous ént of- fensé Non, non, sa bouche ne pro: noncéra pas ces mots q'ie SON Cugur Cément ! Elles ne pardonne pas a la nature d’avoir c'éé Care s belle et de l’:yoir faite laide! E'le n.: pardunne pss à Claire sa beau:é; cette beauté loffen e, l,humilie, lui brcie 1: cœÿ … Etle se couctè sans regar'#r 52 sœur qui ia suivit un instant de plus. L-; èvres vermeiiles de Claire cher- chèrent les joues d'Angèe pour y Cépuser le baiser du soir; pu s la jeune fille, posant sa jolie têie sous son btgs comme l'oiseau se couvre de l'aile pour dormir. elle gout: bien vite au som- meil des heureux. Aigèle é'ait laide, cependant elle avait les rèmes traits que sa sœu:: seulement, ses cheveux Hlonds e- Cadraïicit mal une figure qui aurait du è.re blanche; mais que l4 petite vérole, ce fléau des beaax Visage AVant la vacciue, avait sl ont é:, en rmèm temps qu’il l'avait empr-intedes tac :.8 Fougses Bei boutons aux paupié.<g en avaient m'ngé les cils quand elle était encore :u b'ic-au; pourtant, ses yeux étaient vifs et agréables ans s. peuie enfance; mais, de uis ’äse d douz+ ans, leregare a’Angèle s'était assumbii et ne se posait plus qu'ubii- quement. Son teint et sa personce L'avalent rich gagi é dans une adole- scence m:ladive.....… : Un éjisude de son j:une ày4 avait causé un grand Cé:astre dans cette âme belle, mais êgarée, replié: dan: le souvenir d’une taute qui avait pr.s racine dans une passion affreure: lA j-lousie! Claire avait treize ans: sa sœur é ait p'us jeune d‘une année , Les deux en- Mathieu les ché-issarent égalemeet; la tante Everard préférait Avgèle qui était sa fiileue. Jusque-là, rien n'avait averte celle-ci de son infériorité pnysi que à l'égard de sa soeur, qui était la plus belle petite filie des environs. Aussi dmuce que jolie, disaient les domestiques et les voisins- Angêl: re- Mmarquait, depuis quelque temps, qu'on ne se servait pas pour la louer des mèmes termes qui complimentaient sa soeur, jusqu'à, Gratien qui l‘aimait tant! Ce fait la fit songer... Elle désira vivement avoir les joues roses et la chevelure noïre. Les cheveux noirs. il n'y avait pas moyen; les joues Ppoes,.....… cele viendrait peut- on... Di légère'é de l‘enfance n‘analysait par le sentiment d'envie qui était en son coeur et qu’instinctive elle gardait pour elle seuie.….....… Par une matinée de printemps, ma- dame Mathieu ayant ses servantes oc- cupé:s, proposait aux petites âlles d'aller jusqu’au village de Notre-Dame- des-Noyers, chercher des oeufs de poule d’une espéce particulière dont sa belle-soeur, madsme Everard, avait de superbes produits. Ce projet sourit beaucoup aux enfants; madame Ma- thieu l’avait à peine émis qu'elle le regretta. Je crains, disait-elle, qu'il soit im- prudent de vous envoyer seules. Votre pêre me grondera; vous irez demain avec Jeannette. Non, non, dirent-elles, toutes les deux à la fois; nous passerons par les prés. C'est si peu loin chez ma tante Everard, et nous serons si contentes! Mère, dis, tu le veux bien? Donne vite un panier, et partons... La mère céda et les conduisit jusqu’. au sentier qui mène au village- Notre-Dame-des Noyer, situé: dans le vallon, au-dessous de Jars, est le bocage de ce pittotesque pays; sa chapelle était desservie par un vicaire de Jars,la population étant trap peu considérable pour une paroisse; mais un dizane de riches habitatons bourgeoises expliquent sufisamment, dès le matin ses rayons o’or sur la: Dre h s’aumaient beauc:up; M. et Madime er Pack f 2 5 2x er 2 à aie ass PAT LUE he Rte e paurquoi, dès cette epoque, on ÿ trou- vait un notaire et un médecin. : M. Everard habitait une de ses maj- sons, dent le toit se perd dans de hautes charmilles. S2:s nièces prirent pour arriver chez lui la route qui y aboutissait plus vite; on l'appeile le chemin de la Balance. Ce nom lui vient d'un ruisseau ali- men'é par une source dont {es eaux transparentes £oulent en toute saison sur les bords sablonngux et verdoyant du chemin, Oa passe la B:lince sur une plan- che lougue, étroite, fermée aux ex témrés par des tourniquets, pur êvn r les acciden's.,.....… L'air était pur, pas un nuage den; | le bleu du cel l:s-merls siffl int | dans les éaines noires en fleurs, les sautéreles voyigeaient &ans The: be fine, Les m :rgucrites Ll:mches étoilaient les prés. Claire et Acgè'e, se tenant par Li mains’ suivaient l'«m- bre dans le sentier et croyslent voir pour la première fois les cieux :i beaux...,..ÆE l:s furent prises de li fantaisie de s'asseoir daus cet endroit | charmant, au bord de la fontaine, ou eurs mains Cueillai nt, sa s choix € sans mesure, les myosuotis, les iris pales et 1: j nc d'nt elles tiraisnt ] moelle pour en orner les . eufs de Pique 8, Offer their large and well assort- ed stogk of DRY GOODS Hardware and GROCERIES at prices extirely satisfactory to the purch aser, They have some special lines |: imported direct from the ENGLISH MANUFACTURERS | that sale, and the approval of the | CONSUMET. À large arrival of NEW Clare oté ssant à un penchant cr - quet. ft une cou'oune de fleuis; An gè.e l’im ta. L’ai 6: des petits s,en paia la premère; le sentiment qui lai avait fait 1resser l1 guirl n'e la | porta à se murer dars l’eau... Uye glace de Venice eut 66 fière de r- fié.er une :è e si gracicu.e ærmbcilte Par li jaie de se trouv:r j ji: ! Angèle | austi Se POSA sa COUrTONRE, puis reyar- da......mais le ruisseau moqueur lui. rénvoya une jimage si burlesque qu'elle prove qua de Li put de Clare | un rire prolonge.... Angèle | arracha brusquement sa pa- rure.,., mais l‘epine qu'elle lui avait mise au cœur s'en- fonca profonde, et le regard qu’elle lança à sa sœur eut arrèté celle-ci dans sa gaicté | sielle l’eut vu...... Mais Claire était jolie et coquette, elle voulait jouir de son fard au plus vite; elle entraina sa sœur chez madame Everard, comptant bien encore, la, y. savourer yn peu d'encens. On ne Le refusa pas; c'était si naturel, cela avait si peu d'inconvénients; du moins, la | bonne tante le croyait. ..... Elle commettait une grande MOLASSES 18 à LEADER in their stock of Swegts. 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CRGP BARBADOES En Jabourant un champ près de Perpignan, on a trouvé un vase contenant des monnais de l’ancien royaume de Majorque, un | suuterelles, il : heures en déiresse. frappées à Barcelone en 1212, A Sidi-Bel Abbès (Algérie) train a été arrêté par les est resté deux Il à fallu couper le train en deux pour | pouyoir arriver à Aix-Tezzn Î | La province d’Alaska, aie les Etats-Unis ont achetée à l3 Rus sie, 1l y a 25 ans, pour $9,300.008 aune superficie égale à environ quartre lois ceile de la Nouvelle . ugleterre et des Etats du Cens | tre. La Grèce est deyenue r{pub: licaine. Le roi George a volon: tairement abdiqué, comme Do Pedro au Brésil, et la r'volution s’est accomplie sans bruit, Il y aura bientôt à Paris une | exposition d’un nouveau genre, You can find all you require | Les vieillards ayant atteint l'age de 90 ans seront seuls admis à y figurer. On ne parle pas d‘ex: | poser les vieilles filles, la grande difficulté étant de les amener à : avouer leur age. Unis On estime à 3,347 milles Îg longneur des canaux aux Etats La longueur correspon: dante des canaux dans le Royau .me-Uni est de 8,713 milles,tan, dis qu'en France elle est de : Français savent tout le 10,375. Par là on voit que les parti que le commerce et l'industrie peyvent tirer des canaux Il parait qu'il est question dans quelques villes de l'Eu: rope de remplacer Je bois pur le verre dans la confection des cercueils. Le verre isole les cn- | fi . | davresqui pourait s'y momifier, | frar çais dans l'Ile du Prince El uar : it Y Après force baisers et re- commandations, elle les quit- ta à moitié du chemin: Claire | De plus, les miasmes putrides PR emprisonnés dans le verre ne se disposition, nous smmes en mesure répandraient plus dans l’atmos- phère, d'ou ils propagent cer- taines maladies. | mocé. és, toutes sortes d,ouvrages tels | M, Stead, l’ancien éditeur du | Pall Mall Gazette, est sur le | pache, c’est-à-dire nne point de fonder le jonrnal de ublica- tion quotidienne ayant la forme du livre. Si l'expérience réussit en Angleterre, l'exemple sera suivi aussitôt aux Etats-Unis. | | | Le centenaire du rétablisse- ment de la religion catholique dans les iles normandes sera cé- lébré en grande pompe dans le , courant du mois d’aout prochain | Il y a ceut ans, le R. P Vanet, | alors agé de trente-cinq ans, | | | | | | : $ | | l | | | | | débarqua à Guernessey et, le premier depuis la Réforme, osa prêcher la vieille religion sux les rivages insulaires Les fêtes du centenaire commenceront par une messe solennelle à la- quelle assisteront . plusieurs hautes personnalités ecclésiasti. ques et civiles de France et d'Angleterre. STANDARD FASHION CATALOGUE. now ready for fall and Winter of 1892. A 100 pages—over 1,000 elegant illustrations. B mail Free, for only 25 cents. ANDARD FASH. ION CO. 3142 West 14h Street, New York, ; Re.