ronge mdnemnn AT RP Pos ee me 6 RRQ PORN DESESPOIR ire et mate nl Le Les. Deux Voisins ldeses livreset de ses propres réflexions, une sorte de déisme, de spiritualisme religieux, aui n'était pas précisément l'ortho doxie. 1] avait oublié son ca- théchisme et ses prières, ou, du moins, il n'en savait et n'en di sait qu'une, le ‘Pater noster,'’ et il la disait chez lui. Bref, c'é tait un sage bien plus qu’un “fidèle,” et un stoicien plutôt qu'un chrétien. Mais c'était un stoicien très accommodant. Après diner, M. Matruchot alla faire un tour dans le jar- din en fomant sa pipe. L'abbé Socard se promenait aussi, de l'autre côté le la haie, les maius derrière le dos, en levant les yeux de temps en temps pour voir s'allumer une à une les pe. tites étoiles qui commençaient à piquer le bleu du ciel. 1ls marchaient l'un et l’autre en sens inverse ls ne pouvaient pas ne point s'apercevoir, et, vien qu'ils ne fussent bavards vi l'un ni l'autre, ne point se M. le censeur ….Rrenez des fleurs autant qu'il vous plaira, mais n'ayez pas d’épines au bout de la langue... Joseph, mon garçon, voulez-vous aider ces demoiselles, s’il vous piait… Joseph rayonnait, 1l remer- ciait intérieurement M. Matra. chot de l'avoir défendu : il re- gardait Mlle. Divine de son œii en dessous, comme pour lui dire : “Attrape !” Un peu con. fuse, sans en aveir l'atr, mais toujours sur ses ergots, Mile. Divine fit semblant de n'avoir rien attrapé. Quant aux ‘‘filles de Marie”, elles riaient sous oa pe, heureuses Gans le fond de Ja petits leçon de politesse que le vieux monsieur décoré venait de donner à leur doyenne. On coupa des fleurs, on les emporta. En s’en allant, Mile. Divine fit une révérence un peu gènée à M. Matruchot, remercia plus sèchement l'honnête Joseph, et | parler. ni M. Matruchot ni Joseph, qui! —La belle soirée ! commence était une bonne âme, ne peusè-| l'abbé Socard. È rent plus à cet incident. Ils se! Oui, très belle, répoadit M. contentèrent de se sourire entre | Matruchot. eux, en regardant leurs plates-| -‘“Cœ@li enarrant gloriam bandes dévalisées. Le soir, à sept heures, M Ma. truchot allait se mettre à table quand l'abbé Socard se fit an- noncer chez lui. 1lavaitappris| Puis ilsse rapprochèrent de la chose, tonte la chose : on ne||a haie et s’assirent, l'un en face sait comment. Peut-être avait-|de l’autre, de chaque côté. M. Dei,” mon cher voisin. —1l n'y apas de plus bean livre et de plus simple, mon- sieur le curé. | Caslon, ee 0 eo es ie _. _— L'IMPARTIAL JEUDI laut les marches Jela sacristie |« pour aller plus vite Jouer aux pres. mèdes de ter les fouiures. Celle de M Matruchot, était heurensenent légère, Mlle Divine ie dechaussa sans le {aire souffrir ie friction na, le massa doucement, lui banGa le pied, lui recommanda de se tenir en repos et d'être “bien sage.” aida Joseph à le transporter jusqu'a sa chambre etiui promit que dans Guiuzs jours il r-commencerait à ‘irot- ter Comme un lapin.” Quand M le curé renta chez iui,—il était sorti quelques mi nutes avait l'accident pour aller voir ses pauvres, —Mile Divine lui couta la chose en plaiguant beaucoup ‘ee bon M. Matru- chot.” L'abbé Socard se rendit tont de suite ch°Zz son voisin. “Mon cher voisin, dit-il, puis je vous être hon a quelque chose ? Divine et Joseph vous soigne- ront,je vous distrairai. Si vous avez besoin de moi pour écrire votre correspondance, pour vous faire la iecture, pour faire, à 1'oc. votre partie (je joueur comumne les caries, et suis j'ai la passion des deminos, je vous en prévieus,| usez de moi, je suis tout à votre disposition.” L'offre était faite de si bonne grâce et avec un si bon sourire il entendu derrière ses persien-| Matruchot fumait toujours sa nes ; peut-être aussi une des|bonne pipe. Le curé, qui était “filles de Marie” n'avait-elle| grand priseur, tirait assez sou pas été fâchée d'être indiscrète. | vent sa tabatière de corne et se- L'abbé Socard avait au bras un/couait d'une chiquenaude les petit panier qu'il posa en en-| grains noirs tombés surson ra- trant sur una cousole. bat blanc. Comment, dans ce — Ne vous dérangez pas, mon premier entretien, ils en vinrent cher voisin, dit-il à M. Matru-|à parler de tout et d'autre chot, je ne fais qu'entrer et|chose, de Dieu, de l‘immort:- sortir ;, mais je n'ai pas voulu|lité de l'âme ; de la taille des finir la jouruée sans vous remer-|arbres, de l'ouverture de la cier de vos belles fleurs, et,|chasse, de la vendange pro- continua-t-il, en faisant à Jo-}chaine, de l'éducation du peu- seph un signe de tête amical, ple et des duretés de la vie sans remercier aussi votre... ponr les pauvres gens, c'est ce jardinier.—1l appuya sur le que je ne vous dirai pas, ve se— mot jardinier avec complai-/rait trop long. sance.—Donnant donnant, si . La glace n'était pas encore vous permeîtez : vous m'avez|tout à fait rompne. Ces deux donné de vos fleurs, laissez moi braves gens, le vieil universi- vous faire goûter mes melons.|taire et le vieux curé, gardaient 1ls sont de la petite espèce, mais | toujours au fond de leurs âmes, Mlle. Divine, qui se connait en |qu'ils hésitaient à croire pareil jardinage, —elle a ses défautset|les, quelque méfiance l'un de ses mérites, comme chacun de|l'autre. On eût dit que la haie nous,—les trouve incompara-|de levrs jardins s’étendait aussi bles. Elle exagère, j'en suis entre leurs personnes, 1ls s’ob- sûr ; elle ne mesure pas tou-|servaient avant de se lier plus jours la portée des mots. Vous|étroitement: Decidés à être en jugerez, et vous m'en dires}svoisins, ils ne l'étaient pas com. votre aVis. J'ai bien l'honneur | plètement à étre amis. ‘’Bon- de vous saluer, bon appétit ! jour,” “Bonsoir” ; ‘Les pauvres Et, sans attendre un remer-!{fleurs ont grand besoin d'eau”: oiement, il s'esquiva. “Je crois que nous alions avoir — Voilà un brave homme, dit|de la pluie”.….c'est à cela que Joseph, en découvrant le pauier qui renfermait trois petits me- lons appelés ‘‘sucrins”, et voiià aussi, je pense, de bons melons. Si mozsieur voulait en goûter avant son potage ?...,.... M. Matfuchot ne dit pas non et en prit deux fois. Le melon de M. ie curé était excellent. On me pardonnera d'ouvrir ici une parenthèse. Sans être un “mangeur de prêtres”, sans même avoir contre eux de sots préjugés, —il était voltérien mais non pas à la manière des esprits forts de chet-lien de can ton,—M. Matruchot, ancien élève de l'Ecole normale, avait une âme très universitaire, je veux dire foncièrement laïque. Grand / admirateur des philosophes paiens et de ceux du XViile siècle, grand lecteur de Miche- let, d'Augnste Comte, de Taine et de Renan (il enseignait ja philosophie avant qu’une laryn- gite le contraignit à se réfugier dans je censorat), il avait vécu. depuis sa jennesse, en dehors de l'Eglise et ne songeait pas à y rentrer. Il s'était fait, à l'aide conversation. La semaine d'après l'Assomp 08, M. Matruchot fitun faux pas en descendant de son échelle de bibliothèque et se foula le pied droit. Mise au fait par Jo- seph qui se lamentait, Mlle Di. vite accourut immédiatement, son bonnet de travers, ce qui é- tait le signe chez elle des gran- des émotions. Klle se mentra vraiment émue de l'accident ar- rivé à M. Matruchot, et cette sympathie toucha Joseph, qui semblait. ŒElle fit mieux que de se montrer émue, elle se ren: dit utile. “Cette vieille fée,” com- me Joseph l‘appelait volontiers, trop volontiers, quand il était de mauvaise humeur contre elie, etait, au demeurant, une bonne sorcière. 11 y a un proverbe de chez nons qüi dit : ‘“Adroite comme nne servante de curé.” Mile Divine était adroite et en- | façon, en serrant la waiu de M. la vit alors meilleure qu’elle ne que M. Matruchot l’accepta sans ile curé. | Les dominos ! C'était aussi | la passion, c'était même devenu, lavec le temps, et en y joiguant un peu de gourmandise, la seule | passion de M. Matruchot. 1lse |piquait, sans vauité d'ailleurs, | d'y être d’une jolie force. 41 l'avait beaucoup pratiqué ce no- | ble jea, qui est, avec le whist, le ljeu préferé des vieux universei- | taires : mais, comme tous les bons joueurs, 1l n'’almait pas à Ress contre des apprentis, qu'il lappelait dédaigneusement des [mazettes.”” L'abbé Socard n’é. tait pas “une mazette,” bien loin de ia. Le domino à deux—}a Elle savait an tas de re-)dncivet et de Ja perdrix anx boune f-imume, quilchoux, —qui demande à être très n’etaient pas tous à dédaiguer ; surveillée, {autre dansle choix elle savait, eu particuher, trai-!du dessert, qui fut de premier ordre, exquis et varié, depuis le Joseph et Di- vine firent briller leurs talents, bilies sur ia place, après les vé-|l'au dans la confection savante l‘an bon diner. iromage jusqu'à la poire et aux| conlitares. Après le diner, Jo seph et Divine reçurent les feli citations de Jeurs maîtres 1ls burent avec eux, et à leur sauté, un verre de bon vin, comme c‘est la mode de Courteron et des alentours ; puis :ils débar rassèrent la table, servirent sur un guéridon le café et les li- et les deux voisins, d'être ensemble, —il n‘yarlen qui porte à la joie cowme un diner d'amis,—ache- vèrent la soirée avec leurs chers do ainos. queurs, heureux (Suite à la 7me. page) CARTES A'FFAIRES Dr. Murphy PuHYSICIAN AND First SURGEON Prize Graduate New York - University TN unies LE DE J. DOTRON,M.D. GRADUÉ DE LAVAL DE MONTREAL. hr À. À Mclean, K. C Attorney at Law Brovw N's BLock, CH Town Money to loan at low rates. ! J. E WYATT, SUCCESSEUR DE Hopcsox & Wyarr AVOCAT,NOTAIRE, rc Solliciteur pour Nova Scotia et Summerside Banks ARGENT A PRETER. surean : Au dessous de Clifton House. SUMMERSIDE P. E. L ne Tignish..….. Nr ES les Lomme CARD Dr. H. L, Dickey, partie Cluesique, avec sept dés, | et sans ‘“‘’piocher,” en deux cents! | points— n'avait pas de secrets | pour sa vielle expérience. Comme M. Matruchot était o ligé de rester sur sa chaise lon-| gue et de tenir la jambe droite toujours étendue. Joseph leur tabriqua en un tour de main, ‘avec trois bouts de planche, une petite tabie à jeu, bass) 4 ex Late Clinical Assistant at Royal London Ophthalmie Hospital, Moortields, and Central London Throat & Ear Hospital SPECIALIST—-EYE, EAR, NOSEAND THROAT Office- Cameron Block. kRe-idence- Richmond St. West Office Hours—9 30 a. m. to 1 p. m., to 4 p. m . Evenings by appointment. Eyes tested and fitted with Glasses Arsenault & McKenzie | commode ; i! cioua dessus une toile cirée, puis il apporta la| boîte de dominos, éparpilla ler | dés...et le duel commenca. Le | visage de M Matruchot s‘éclaira, | , " » . e | . ” e S 4 re Éé \] av à se réduisait ordinairement leur | et 11oublia sa foulure quaud il Summerside et Cha lottetown reconnat qu'ii avait affaire à un | Aubin E. Arsenaiult, S'Side, ad efsire digü 0e lai. | | Tous ies jours, désormais, de deux à cing, les après-midi les! deux voisins s'écoulèrent del cette facon. La guerison de M.| | Matruchot, tiés bien soigné par. Mlle Divine et par Joseph, mar-| LES | | chait à grands pas. 11 marcha| lui même bientôt. Le 28 aovt, la veille de l'ouverture de ia! chasse, il était sur pied. 11 fit| venir le lendemain soir manger | avec lui son premier lèvre que luiet Joseph, aidés de leurs deux chiens courante, Ravaud| Let Ravaude, étaient à peu près [sûrs de tuer. lln'ya rien de | meilleur qu'un bon civet ec une Iperdrix aux choux, arrosés de | vieux bourgogne estimable et !vénérable, pour un diner d'on- | verture. M. Matruchot était gourmand, comme vous aavez. L'abbé Socard ue méprisait tendue. Elle avait déjà racvom-|?0tnt non plus les présents que modé dans sa vie deux où trois | Dieu fait aux homines, et, sans enfants de chœur qui s'étaient | au peu démolis en dégriugo- eommettre le péché de gour- mandise il n'était pas l'enucani | prommettre à l'abbé Socard de , Queen Nireet, Head of Queens Whar | This | Thorughly fitted up witn all ‘hotel :modation, wbich cannot be = Side, Oct, 191h. 1 y. AVOCATS, &c. (Récemment chez Charles Russell et Cie., Londres) BUREAUX : HE. KR. Mackenzie, Ch'Town. ARGENT À PRETER QUEEN HOTEL FORMERLY PERRY HOTEL new and commodions hotei is now open fo: business. the modern improvements, this ofiers to the public accom- ex” celled in any other on the 1s-! land. 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