- pour subir la torture. Déliez LE GRAN VAINOU | (Suite de la lère page) smilies causé par la surprise. Puis de cris discordants s’élève- rent de tous côtés. L'échan- ge proposé par l’Aigle- Noir était accepté avec de bru- yantes acclamitions. Seul, le sorcier essaya de pro- tester. 11 s’écria que le Grand-Es- prit exigeait la mort du mission- maire, que les songes qu'il avait eus la nuit précédente indi- quaient clairement cette volonté et.que s le vieillard à robe aoire n'était pas sacrifié, il ne pourrait promettre à la nation delaware la victoire sur ses en- nemis. Le chef indien lui imposa si- ience. —Tu as rêvé, lui dit-il, d'un serpent blanc et d'un serpent noir. Pourquoi ce serpent noir ne serait-il pas Ouinnipez, l'aigie an sombre plumage ? Tu refuses de nous promettre la victoire sur nos ennemis. Qu'importent à la nation dela- ware les promesses de ta langue astucieuse, puisque son plus mortel ennemi va êtie attaché au poteau de torture ? Les acclamations dont ces pa- roles du Serpent-Rouxe furent salnées prouvèrent au sorcier qu'une plus longue résistance serait inutile. 11 courba la tête et s'enveloppa dans son grand manteau couvert de piumes é- clatantes, cachant sous une ap- parence froide et dédaigneuse le dépit qu'il ressentait de voir le missionnaire échapper à sa haine. S'adressant de nouveau aux guerriers qui l’entouraient et Jeur montrant l'écorce d'arbre que la flèche mystérieuse lui a: vait apportée : —L'Aigle-Noir, dit-il, jure sur la tête de son fils et sur les: mâues de ses ancêtres que lors- que le “wampum” sacré sera mis autour du cou de ce vieil- lard, il se présentera sans armes devant les guerriers delawares donc le prisonnier et mettez- le sous la sauvegarde du Grand- Esprit. Aussitôt le missionnaire sen- tit les liens qui l’attachaient au poteau tomber autour de lui ; un sachem s'’avançant grave- ment lui mit sur les épaules un collier d’amulettes, sorte de signe sacré respecté par toutes les tribus indiennes et qui ren- dait inviolables ceux qui en é- taient revêtus. Cette scène singulière s’etait accomplie avec une telle rapidi- té que le missionnaire n'avait pu revenir encore de la surprise où l'avait j«té une si miracu- leuse délivrance. Quelques instants aupara- vant, il voyait les instruments de suoplice rougir devant lui à la flamme ardente du brasier ; et maintenant il se trouvait libre, loin du poteau de torture, au milieu les sachems de la tri- bu qui l'avaient fait asseoir par- mi eux comme un hôte respeñté. 1ly eut quelques secondes d'attente. Un profond silence régnait parmi les guerriers delawares. Penchés en avant sur leurs longs fusils, ils portaient de tous côtés leurs regards bril- lants et cruels et guettaient comme des bêtes fauves la proie qui leur était promise. Tout à coup un large buisson | s’entr'ouvrit et un homme bon- | dissant dans la petite prairie | vint s’adosser fièrement au po.! teau de torture. | Î | Cet homme était Ouinnipeg. ! Cette hardiesse, ce singulier mépris de la mort frappèrent vivement Î:s seuvages, et le sentiment qu’ils éprouvèrent tout d'abord en voyant'paraitre ! l'Aigle-Noir fut presque de l’ad- miration. \ Mais le souvenir de leurs guerriers massacrés par les,Abé- naquis, la vue des trophées san- glants dont le chef ennemi avait chargé sa ceinture ‘en manière de défi réveilièrent bientôt leur haine un instant assoupie. : Sembiable à la meute fu- riense qu. s'élance sur un lion blesse, la horde sauvage se res- serra autour du poteau et jeta au chef abénaqui ses plus hor- ribles imprécations et ses pins sanglantes menaces. Ouinnipeg accueillit ces cris de fureur avec un dédaigneux sourire. Cependant, dès qu'il avait vu son ennemi tomber en son pou- voir, le Serpent-Rouge avait ré- uni une trentaine de ses meil- lears guerriers et leur avait donné ses ordres à voix basse. 1lne pouvait supposer que Ouinnineg était venu s'offrir à la torture seul et sans armes par pur dévouement et pour sauver la vie du nère André ; il crai- gnait quelque ruse. —Que mes fils se répandent dans le bois, dit-1l] aux guerriers delawares ; les femmes et les enfants sufliront pour torturer les prisonniers. Les Abénaquis vont san; doute essayer de déli- vrer leur chef. Que mes jeunes hommes fassent bonne garde Les guerriers s'éloignèrent aussitôt, non sans jeter un re- gard de regret vers le poteau de torture. Les scènes dont le camp dela- ware venait d’être le théâtre a- vaient été si rapides et siincom- préhensibles pont Jni que le gentilhomme béarnais se de- maudait s'il rêvait ou s'il était bien éveillé. La délivrance du pèré André, la présence à ses côtés de Ouin- nipeg qu'il croyait à l’autre ex- trémité du lac jetaient son es- prit dans d’étranges surprises. Au moment où la flèche était tombée à terre, le père André lui avait dit que l’Aigle-Noir! méditait quelque ruse pour les délivrer. Or d’'Arramonde se de- mandait, non sans inqu'étude, conment, seul et désarmé, le voué et allait mourir pour lui. “11 s'élança au-devant des fem- mes deélawares, et écartant celles qui se pressaient déjà au- tour du poteau de torture : — Arrêtez ! s’écriar il. —Ouinnipeg, poursuivit le missionnaire avec feu, je ne puis accèpter votre sacrifice. Vous avez des guerri‘rs à conduire, une mission à remplir. Vous avez une temme, un fils bieu- Qu'importe la vie d’un pauvre vieillard tel que moi ? .….Ouinnipeg, rendez-moi ma place au poteau de torture ! —C'est la place d’an guer- rier, ce n'est pas celle de mon père !répliqna fièrement l’Aigle- Noir. Ouinnipeg veut montrer à ES ennemis comment un guer- rier abéaaqui sait mourir. Celui 'aghe tu as sauvé la vie l’an der- |nier me vengera un jour ! ! — Par ie Dieu que j'adore, re- prit le missionnaire dont le beau visage s'illumina d’une vive flamme, vous ne mourrez pas, | Aigle-Noir ; malgré vous, je | vous arracherai aux tortures ! Et, saisissant le collier sacré qui reposait sur ses épaules. il le jeta autour du cou du chef abénaqui. Les vieillards et les femmes delawares laissèrent échapper un cris de suprise et de rage. La vénération superstitieuse qui s’attachait à ces amulettes était plus forte que leur haine. Revêtu ae ces insignes mys térieux, Ouinnipeg, leur plus mortel ennemi, Ouinnipeg, dont ils auraient voulu répandre le sang goutte à goutte dans d’hor. ribles supplices, Ouinnipeg de- venait tout à couv inviolable et pas une main n’aurait osé se po. ser sur lui. Alors le Serpent-Rouge s’a- vança et, s'adressant à son en- nemi : Voilà donc, dit-il avec mé pris, ce guerrier intrépide, ce grand chasseur de cherelures ! pe Son cœur est plus lâche que celui d’une vieille femme ! | | | Les tortures qu’il venait braver chet sauvage pourrait ’les tirer|lui font peur, il se met sous Ja des mains de ce peuple {ur'eux. | protection du Grand Esprit, il Mais le père André s'était trompé. La présence inopinée de l’Aigle-Noir au milleu du camp delaware ne cachait pas une ruse de guerre. Lorsque, au lever du jour, le chef abénaqvi s'était aperçu que d'Arramonde n'avait pu re- joindre les pirogues, il avait or- donné aux rameurs de revenir en toute hâte au bord du lac, à l'endroit où ils étaient campés la veille, puis, s'élançant à tra- vers le bois, il s'était. mis à chercher les traces des guer- riers delawares et de leur pri- sonnier , Ces traces, il les avait bientôt trouvées, et elles l'avaient con- duit près dn camp ennemi. A- lors, à travers les buissons où il s'etait caché, Ouiunipeg avait vu d’'Arramonde et le père An- dré attachés au fatal poteau, il avait vu les apprêts de la _tor- ture. 1l ne pouvait déliver les deux malheureux que la fureur des sauvages ailait sacrifier. 11 réso: lut du moins de donner sa vie peur racheter celle du mission- naire. Le père André avait sau- vé l'année précécente son fils unique que la fièvre dévorait. Il voulut payer généreusement au missionnaire sa dette de recon- naissance. Le Serpent-Rouge avait eu raison de dire que les temmes sufhraient pour torturer les pri- sonunlers. Réunies autour du feu, elles faisaient rougir de longues ai- guilles en chantant à demi-voix et en attachant sur les deux vic- times leurs regards ardents et cruels. Alors le Père André comprit que l’Aigle-Noir, ne pouvant le accepte pour rançon le sang d’ux vieillard ! je vais - rappeler les guerriers deiawares pour as- sister à ce spectacle qui réjouira leur cœur |... Mais ces insultes étaient inu- tiles ; le courage de l’Aigle- Noir n'avait pas besoin d'être excité par les outrages de son ennemi. Par un effort vigoureux, Ouinnipeg rompit les liens qui 'attachaient au poteau ; il sai- sit le collier sacre, le lança dans les flammes du brasier et, jetant au chef delaware un fier et dédaigneux regard, 1l revint s’adosser au poteau de torture. An même instant, Alagami le sorcier posa sa main puissante sur l'épaule du missionnaire et raoutrant le ‘“wampum’” sacré que le feu réduisait en cendres : —Tu mourras aussi, s’écria-t- il; le Grand-Esprit t’aban- donne, tu m'appartiens ! Des hurlements de joie ac- cueillirent ces paroles. D'’hor- ribles rires qui semblaient ve- nir de l'enfer retentirent aux o- reilles des trois prisonniers. —Que mon père me par- donne, dit l’Aigle-Noir d’une roix faible en 1aclinant la tête. C'est moi qui suis cause de sa mort.....moi qui voulais le sauver. —Que ia volonté de Dieu s’accomplisse ! répliqua dsuce- ment le misriennaire qui se laissa attacher de nouveau sans résistance au poteau entre ses deux compagnons. La torture allait commencer. [à continuer] Ripans Tabules cure indigestion. pans ‘l'abules cure jaundice | [délivrer par la force, s'était dé-: ) aimé qui pleureront votre mort! 51 LE 22 DECEMBRE, 1808. Melle Bertha Ledoux DEPUIS NOMBRE D'ANNEES MAL ET PLUSIEURS TORTUREE PAR LE BEAU- AUTRES MALADIES. Les Pilules Rouges du Dr. Coderre ont mis fin a toutes ses Souf- frances. Aujourd'hui, guerie et heureuse, elle publie la, grande efficacite des Pilules Rouges du Dr. Coderre. L'anémie — ou en d’autres mots | la pauvreté du sang — est une des maiadies les plus communes de 05 jours. Elle affecte sans exception, les femmes de tous les âges, mais plus particulièrement les jeunes files entre 13 et 20 ans.—Etes-vous anémique ? —Etes-vous pâle et votre teint jaune? Vos yeux sont-ils cernés ? Vos lèvres et gencives sont-elles pâles au lieu d’être roses ? Votre appétit variable et faible ? Etes-vous fatiguée et essoufflée après le moindre exercice ? Souf- frez-vous d’étourdissements et de maux de tête? Votre cœur bat-il violemment si vous marchez un peu vite? Etes-vous abattue, mélan- colique et faible? S'il en est ainsi, vous êtes anémique, vous êtes sur la route de la comsomption, et par conséquent de la mort, Les Pilules Rouges du Dr. Coderre guérissent l'anémie en faisant du sang riche, douleurs dans la tête, la pre les côtés et le dos, se déplaçan souvent d'un membre à un autré, mauvaise bouche, vertige, constipa- ment et irrégularité des intestins, couieur jaunâtre des yeux et de la peau, mains et pieds froids, palpita- tion du cœur, appétit variable, tantôt nul, tantôt dévorant, mi- graine, bourdonnement dans les oreilles, accès de chaleurs, sensa- tions chaudes qui montent à la tête, perte de sommeil, toutes les maladies du retour de l’âge, les pieds, les mains, les jointures et le corps enflés, les maladies du foie, des .ovaires, chute de la matrice, prostrations nerveuses. Les Pilu- les Rouges du Dr. Coderre peuvent être prises sans danger par les femmes enceintes, elles leur donneront des forces et aide- ront à la constitution de l'enfant ; elles ne contiennent xi morphine, rouge et pur. Aux figures pâles et jaunes, elles donnent le rayon de la santé, donnent de la vigueur à tout le système, et font dé la vie une bénédiction au lieu d'un fardeau. Melle Ledoux dit : ‘ Depuis plusieurs années j’ai beau- “coup souffert de grande faiblesse et du beau mal. ‘ Je n'avais pas d’appétit, je souffrais aussi de maladie “ de foie, toujours mal à la tête, faiblesse dans les ‘ jambes, pas d’appétit et douleurs dans tous les mem- “bres. Je souffrais aussi de faiblesse et pauvreté de “sang. Une amie m'ayant dit que le seul remède qui “ pouvait me guérir était les Pilules Rouges du Dr. “ Coderre, je commençai à en prendre. Jamais je ne “ pourrai faire assez de louanges de ce remède, car “il m'a débarrassée de toutes mes maladies, “ Maintenant que je suis guérie, je me fais un devoir “de le recommander à toutes les femmes et jeunes “filles malades.” Melle Bertha Ledoux, 150 Ste. Elizabeth, Montréal. Nous re publions jamais de témoignages sans Je consentement de 1: femme guérie, nous ne les achetons pas non plus. S'il arrivait que vous désiriez consulter ces femmes et que vous ne puissiez les trouver pour cause de déménagement ou autres raisons, écrivez-nous et nous ferons tout notre possible pour vous mettre en communication avec elles. . Les Pilules Rouges du Dr. Coderre guérissent infail- liblement ces languissantes et douloureuses maladies particulières aux femmes. C’est ie remède qui donne la force, la santé et chasse tous les ennuis et les tristesses de la vie à toutes les femmes qui le prennent consciencieu- sement. Elles guérissent le beau mal, les irrégularités, la suppression dis règles, les règles douloureuses et MELLE BerTua LEDOUx. abondantes, la leucorrhée, mal de cœur et nausées. ni opium, ni rien de dangereux, elles peuvent être prises par la plus faib'e jeune fille. N'oubliez pas que nous avons à votre disposition un médecin spécialiste d’une grande expérience dans le traitement des maladies des femmes. Ecrivez-lui une description complète de votie maladie, il vous répondra absolument pour rien. Si vous le préférez, écrivez-nous pour un blanc de questions pour traite-. ment, nous les envoyons à toutes les femmes qui en font la demande. Notre médecin examinera votre ma- ladie et vous donnera un grand nombre de conseils, qui, si vous les suivez bien, aideront beaucoup à vous guérir. C'est une chance unique que nous vous donnons de consulter notre médecin spécialiste. Adressez. vos lettres : Departement Medical, Boite 2306, Montreal. Defiez-vous des pilules rouges que l’on vous offre à la douzaine, au cent ou à 25c. la b‘îte, ce sont des imitations des Pilules Rouges du Dr. Coderre. Ces imitations sont la plus grande fraude du jour, Ilest arrivé un grand nombre d'accidents par l'usage de ces imitations que l’on vous vend à bon marché. Ces imi- tations faites à bon marché contiennent toujours de ia morphine, de l’arsenic et de la strychnine. Defiez- vous, Si votre marchand n’a pas les véritables Pilules Rouges du Dr. Coderre, envoyez-nous soc. en timbres canadiens ou américains pour une boîte, ou $2.50 par lettre enregistrée ou mand:t-poste pour six boîtes. Nous les envoyons au Canada et aux Etats-Unis, pas de douane à payer. Donnez votre aür:sse complète afin d'éviter tout retard. Adrcessez : COMPAGNIE CHIMIQUE FRANCO-AMERICAINE, Boîte 2306, Montreal. C H CLP RES rer pour 2 Make SCHOOÏ FURNITURE nr Good, Strong & ARR ER TES F 5 À = ui CHAIRS PE them ourselves AND PRICES E À PES TIA UNITED STATES WALL MAP FRE A copy of our handsome AND map 45x34 inches, printed in colors and mounted on a roller, BEST will be sent to any address on receipt ing and transportation. P. S. EUSTIS, Gen’l Pass’r Agent C. B. & Q. k. —IN— Chicago, I]. of 15 cents in postage to pay for raêke- KR. FALL GOODS Ru fall goois which we sell, PE RE than ever before. ; { Fall Gocds We have now the most of our. as usual, at greatiy reduced prices We ae prepared to buy Oats and other tar produce. Prices —X— good. a Our line of fall and winter Write overcoats and ulsters 18 com plete Prices just rivht. For Curs L Dress good, Cloth for capss and mautles, Top shirts, VFlan- nel, Sweaters, Caps. etc., etc. 18 Boots and hoes Our line of Groccries is well stocked,. The whole stock better and soid at lower price J. F. Chaisson & Co. we se rer ne LLmrieniss MARK WRIGHT & Sale num SN NES by H. V. DesRoches D ACSRORLI ANT A Et gt ÿ” Business Stand for 1 will sell by private sale the business stand formeriy owned and Ha n dé CO. Charlottetown Jan 6th 1896 St NES" Da Us. RE “a t& WRITE FOR CUTS AND PRICES. uow occupied by D. M. Doi. ron at Howlan Road. Intend- ing purchasers wiil please cor- respond with the uudersigned who will give them terms etc., etc. Jos. F. ARSENAULT Merchant, Wellington Sta. Nov. 29th 1898, ef + | \ | EL l ET or nt PRRRREnUE " — se Se ne Er m st hu, a! PR TT PURE PT 4 7 er