1 + ESA DRE nca LE * " Pr FR * ANS PERS FENG NE, RE Re AT rs F TR AT v + A #5. + En. à het de rte do thith + “à Ÿ + Éd PR . Sn ee 2 r | PPT + , 26 _ ee + ne he rt : + enr L'Aventurier Malgre Lui (Suite de la 1re. page) pas rare dans cette partie des Etats- Unis. M. Ellis le savait. S'il n'efût pas été persuadé qu’ils trou- veraient sans effort l'habitation de M. Grokerock, il leur eût sans doute conseillé de ne pas s'éloigner par ce côté. Quoi qu'il en soit, ils avaient parcouru à leur estime environ trente-cinq milles, et cela constitue un ruban de queue. B'est à peine s'ils pouvaient compter sur trente ou quarante minutes de jour. Ils étaient donc menacés de coucher en plein air, sans le moindre abri, de dormir sur laterre nue, ce qui est toujours dangereux dans ces pays, où rè- guent des fièvres redoutables. Bref, si Michon était dévoré par l inquiétude, l'oncle et la tente Martin ne se sentaient pas beau- coup plus tranquilles. La carava- ne avançait toujours, mais à une allure infiniment plus lente, trahis- sant le découragement bien plus que l’hésitation. Boubou, qui avait piqué en éclai- reur, fit tout à coup signe de le re- joindre promptement . .. Bien enten- du, on le rattrapa en quelques tours de roue. Le boy venait de trouver une fourche, c’est-à-dire que le chemin se prolongeait ici en deux branches, l’une allant directement à l'Ouest, l’autre continuant vers le Sud. “Oui, dit l'oncle, je vois bien. Mais laquelle prendre ? —Jouons à pair ou non, répon- dit la Billembrock, qui aimait sans doute les décisions hasardeuses. —Voilà une idée ! grommela Claude, frissonnant à la pensée de coucher sous le grand ciel pour tout abri. —Trouvez-en une meilleure. —Ce qui est indiscutable, c’est que nous ne voyons rien, aussi loin que nos regards puissent porter, 1ien qui fasse croire au voisinage a’une rivière. Nous aurions dépassé l'endroit où il fallait bifurquer. —À moins que le sentier que nous devrions suivre n’ait été com- pris dans quelque défrichement ré- cent. —Encore !’’ fit Annah. Claude n'avait plus la force de parler. Et puis, qu’aurait-il dit ? ‘*“Mister Martin, reprit Annah. —Quoi donc, ma chère amie ? —Nous voilà bien embarras- sés. —]J'e conviens sans difficulté. Est-ce que vous avez trouvé quel- que chose ? —Pas précisément, mais pour- tant, en regardant bien l’horizun, il me semble... —{uoi donc ? —Que voici là-bas une éminence. Une pli de terrain doit être derri- ère, —C'est bien possible. — Eh ! qui sait si dans ce pli de terrain ne se trouve pas la rivière, —Au fait, dit l’oncle, il faudrait aller voir. Claude, qui, descendu de machi- ne, s’apprêtait à s'asseoir par terre, se sentit renaître. Il fit mine d’en- fourcher son tricycle. ‘‘Inntile, lui dit son oncle. —Quoi ! vous ne voulez pas vous assurer. ... —Boubou suffira pour ça. Il est le plus jeune, le moins fatigué, le plus vite de nous tous. Tu en- tends, Boubou ; pars, monte sur la petite colline et vois s’il y a une rivière, par là-bas. Le boy partit comme une flèche, escalada la hauteur et s'arrêta au point culminant, On le vit mettre la main en abat-jour sur ses yeux et regarder dans tous les sens. A- près quoi il revint plus rapidement: encore qu'il n’était allé. “Il n'yapas de rivière, dit-il. Vous savez, mister Martin, que toujours on laisse des arbres sur les bords des cours d'eau. Je n'ai pas vu d'arbres aussi loin que ma vue pouvait s'étendre. —C’est donc par l’autre branche du sentier qu’il faut continuer. Au fait, ne âistinguez-vous pas là- bas quelque chose de noirâtre qui done 2 ln ea aengeteA L'IMPA pourrait bien être une cime de forêt ? —A moins que ce ne soit un CO- teau, dit Michon, découragé. —Ou même tien du tont, ajouta mistress Martin. ‘N'importe, partons.” On se remit en selle, Mais, au bout de vingt-cinq minutes, le so- leil disparut ; un court crépuscule précéda l'envahissement des ténè- bres- Puis ce fut la nuit noire, profonde. ‘Et pas de lune ! pauvre Claude. —Peut-être qu’elle va se lever tout à l’heure, dit Martin. —Oh ! non, monsieur, intervint Boubou, qui, la nuit précédente, dans la voiture où il couchait, était fort bien placé pour observer les astres, —oh ! non : pas avant onze heures. —Enfn, ce sera toujours ça, dit Annah Billenbrock, avec son opti- misme imperturbable. —Ce qu'il y a de positif, reprit Michon, c’est que nous ne pouvons continuer à rouler sans risquer de nous casser le cou. Voyez comme il fait noir déjà... Quel métier on me fait faire ! —Ne recommencez pas à gein- dre, mon garçon. —Oh ! mon oncle, n'exigez pas que j'aie du courage, la nuit. D'ail- leurs, à quoi servirait-il, quand on ne voit pas le bout de son nez ? —Eh bien ! n’en ayez pas, mais ne réfroidisez pas celui des autres. Au reste, nous allons faire du feu, par prudence. —Comment ! par prudence, cla- ma Claude, Mais s’ily a des rô- deurs mal intentionnés, le feu ser- vira seulement à trahir notre pré- sence sans que nous puissions nous douter de la leur. —Et les bêtes sauvages ? —Il y en a donc ? interrogea le mari de Sophie, terrifié. —Je n’en sais rien; qu’en dis-tu, Boubou ?”’ Le petit nègre prenait de l’impor- tance. Mais il ne s'en montrait pas plus vaniteux pour Ça. ‘Il ne doit pas y en avoir, dit-il, parce que l’eau manque. —Ah ! bien alors, c’est la soif en perspective, le supplice de la soif ! gémit Claude. —C'est égal, on fera bien d’allu- mer des feux, reprit le boy. —Tu dois y voir un peu, toi, mon petit, dans l'obscurité. Cher- che du bois, des brindilles, des ra- cines, que sais-je ? ”’ Boubou se mit en devoir d’obéir et s’éloigna. Quelques instants a- près, il revint, traînant une vérita- ble charge de minces lianes dessé- chées. soupira le RTIAL, JEUDI, sa femme pour l’entraîner vers les bicyclettes. Mais Claude, qui ne disait rien, eut une idée qu’il mit à exécution sans désemparer. Des mains, des! pieds, il jeta de la terre qui, par bonheur, était meuble, presque sa- blonneuse en cet endroit, sur les flammes, déjà hautes, à vingt pou- ces du groupe. ) “Vite ! vite ! Boubou, fais com-' me moi ! ”’ rugissait-il en redou- blant de hâte. Boubou, dont la Peau noire avait des frissons fous, se baissa, sans répondre, et à son tour fit voler de véritable pelletées de terre sur les plus proches langues de fen. La chaleur était suffocante, mais nul ne s’en apercevait pour l’intant. Est-il besoin d'ajouter que l’on- cle et la tante se mirent à la be- sogne avec une fureur bien com- préhensible. Au bout de dix mi- nutes, ils étaient parvenus à étouf- fer l'incendie devant eux. Mais il gagnait à gauche, à droite, der- rière. Quels efforts il leur fallut faire pour préserver, sur quelques mè- tr.s de terrain, l’îlot qui leur ser- vait d’unique refuge. Par une chance providentielle, il ne faisait pas un souffle de n'importe quel côté, leur eñt apporté une atmos- phère si brûlante qu’ils eussent été problement asphyxiés. La chaleur fut, il est vrai, intolé- rable pendant une demi-heure ; mais les herbes et les lianes étaient si sèches qu'elles flambèrent comme de la paille, et que, peu à peu, ils purent respirer. ‘Nous sommes sauvés !'’dit l’on- cle avec un profond soupir, témoi- gnant de la peur dont il avait été pris, Mais l'incendie n’était pas éteint pour cela. Il s'étendait au con- traire avec une promptitude qui faisait frémir. À mesure que les cendres se refroidissaient autour des voyageurs, une véritable mer de feu envahissait l’espace et por- tait sans doute la terreur aux en- virons. Les quatre naufragés —car les malheureux étaient ce véritables naufragés dans ce coin de quelques mètres, miraculeusement préservés par la présence d’esprit de Claude, —les quatre naufragés contem- plaient, stupides, les ravages du fléau, ravages dont les conséquen- ces ne pouvaient même être ima- ginées. ‘Nous voilà bien ! dit Michon, | qui, le premier, recouvra la parole. | On nous a poursuivis comme assas- sins pour nous lyncher. Le sort qui nous attend comme incendiaïi- De ce côté-là, — il montrait le Sud, - la terre est couverte de ces plantes que le soleil a tuées ; nous n’aurons qu'à y puisser —Bon ! dit Martin, prenons no-| tre métier de pionniers le plus gaie- | ment possible, Allumons ces sar- | ments et soupons, puisque, grâce à M. Ellis, nous pouvons manger. | —C'est ça, grommela Michon, | que la fête commence ! Dieu de} Dieu ! quelle vie ! ”’ | On ne prenait plus garde à ses! jérémiades. Boubou fit un tas res- | pectable de bois mort, et l'oncle, Martin y mit le feu lui-même, car, | comme tous les fumeurs, il avait| toujours des allumettes dans ses), poches. | Maïs il se produisit alors quelque | chose d’épouvantable. Tout au-| tour Au foyer, l'herbe, heureuse- ment assez courte, qui couvrait le sol et qui était sèche, s’enflamma. Il ne fallut qu’un coup d’œil pour s’apercevoir que l'incendie allait tout dévorer autour des voyageurs et même sons leurs pieds. Cette fois, ce ne fut pas seule- ment Michon qui poussa un cri d’é- pouvante. L’oncle, Annah, Bil- lenbrock, Boubou furent saisis d’une angoisse effroyable. Al-| laient-ils-être brulés vifs? L’hé- | bétement, la stupeur les paraly- | saient, pendant que le feu gagnait | autour d'eux avec une rapidité sur- prenante. On sait combien, dans ces cas imprévus, la propagation d’un incendie est foudroyante. ‘‘Sauvons-nous !’” vociféra l’on- | cle Martin, en saisissant la main de| —Les provisions ne manqueront | pas pour alimenter le feu, dit-il. | res n’est pas douteux. Cette fois, nous aurons tout le monde contre nous. Quand je vous disais de ne pas vous amuser à jouer au tra- peur !”? Nulne répondit d’abord, mais l’oncle Martin et Annah Billen- brock, étant Américains d’abord, philosophes ensuite, finirent par reprendre leurs esprits. ‘Au surplus, dit le vieillard, ad- vienne que pourra, nous n'avons pas eu d’inteution criminelle. —C'est vrai, appuya la prési- dente. Etce qui prouve à quel point ma conscience est tranquille, ; c'est que j'ai une faim de loup. —Moi aussi, appuya Claude, qui coutemulait le merveilleux specta- cle de l'horizon euflammé...Est-ce beau tout de même ! —Dans deux heures tout sera fini. it peut-être tronverons-nous en cet accident l'occasion de dé- couvrir la rivière. —Vous nous expliquerez cela demain metin, mon oncle, dit Claude, qui, tout heureux d’avoir sauvé sa vie et celle des autres, re- trouvait son ardeur, sa vaillance et son appétit, soupous.”” = + 22 XVII On détacha des bicyclettes les provisions dont M. Ellis avait eu LE 24 SEPT. 1903. 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Cependant, après | quelques bouchées, on eût juré que nos quatre amis se sentaient déjà rassasiés. Ils moins à savourer ie pâté, auquel on avait donué d’abord la préfé. coutinuaient néan- bouteilles d'eau. __ C'est le plus précieux des dons rence, ( A Suivre) MAIN STREET 4 you, scouring and scrubbing; bending and rubbing, de M. Ellis. Une heureuse idée | 53 GOË D DUS qu’il a eue ! répondit Arsène. | à 1 _— J'ai encore trois boîtes de con-| F& | Se | st : | ee makes housework easy. It cleans everything an pain. RS injures nothing. More economical than soap —Fameux ! Et toi, Boubou ?”” | ESS . Le boy apporta les paquets qu'il! Fe à Us | | McDonald's Condition Powders. X 2XO x There is no better Blood Purifier or Nerve Tonic in the world. Every package is guaranteed. Put up in full pound packages. Price 30 cents. The orcinary so-called condition powders are put up in half pound packages and sold without guarantee at 25c. a package. 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