‘Ç L’Assomption à Palmer Road - 1897 La paroisse de l'Immaculée ConCeption de Palmer Road cette année a célébrée la fête patronale des Acadiens avec un éclat et une pompe tout ä fait inaccoutumée. La veille de l'Assomption on voyait des milliers de personnes venues des paroisses voisines se réunir sur le terrain de l'église pour chômer ensemble la belle fête de l'Assomp— tion. Tous sans distinction de nationalité ou de religion étaient venus encourager par leur présence et leur bourse les humbles efforts des bons paroissiens de Palmer Road. Une franche gaieté animait tous les visages et cha— cun semblait prendre part ä la joie universelle qui carac— térisait cette réunion. La fête de l'Assomption n'a pas été choisie comme fête des Acadiens dans le seul but de réjouir et de resserrer plus étroitement les liens sociaux qui unissent les descendants des Acadiens de 1755, mais c'est surtout pour leur rappeler que si les descendants des proscrits de Grand Pré ont encore une existence comme peuple, c'est grâce ä la religion catholique qu'ils ont toujours été fiers de professer et de pratiquer. Aussi l'église de Palmer Road ouvrait avec un redoublement d'allégresse ses portes à deux battants, le 15 août, à la foule pieuse qui était venue assister au saint sacrifice de la messe et demander à Notre Dame de l'Assomption de veiller d‘une manière spéciale sur la famille acadienne. Un temps superbe de nombreux pavillons flottant ä la brise, l'église toujours belle ayant emprunté pour la circonstance la richesse variée de la forêt, l'autel dont les contours se perdaient pour ainsi dire dans un vert feuillage mis en relief par des pavillions aux couleurs variées, un grand nombre de personnes venues des paroisses voisines; tout en un mot annonçait que l'église de l'Immaculée Conception allait être témoin d'une solennité peu ordinaire. Pour la seconde fois seulement la nouvelle église de Palmer Road voyait se célébrer une messe solennelleznnnzdiacre et sous—diacre. M. l'abbé Turbide, vicaire de Tignish, était le célébrant; monsieur l'abbé Chiasson, curé de la pa- roisse, agissant comme diacre et M. l'abbé Gauthier comme sous—diacre. Il va sans dire que le choeur de la paroisse sut se montrer digne de son passé et maintenir la haute réputation qu'il s'est acquise. Après la communion, M. l'abbé Gauthier donna le sermon de circonstance.J_Il nous présenta la Ste Vierge comme Reine du Ciel et de la terre et Reine des martyrs. C'est à ce dernier titre surtout, dit—i1, qu'elle est la patronne des Acadiens dont les aïeux ont tant souffert et enduré toutes sortes de martyre plutôt que d'abandonner leur religion. C'est lä un bel exemple, a—t—il dit, que nous ont légué nos pères; ä nous de nous montrer dignes d'eux et de jamais trahir la cause pour laquelle ils ont tant souffert. M. l'abbé Gauthier,